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ExpertisesPublié le 31/03/2026
5 min

Quand l’électromobilité se déploie aussi sur la Seine parisienne

À Paris, la transition électrique ne se joue plus uniquement sur la route. En effet, la Seine s’impose progressivement comme un nouvel axe stratégique pour décarboner les mobilités, qu’il s’agisse de logistique urbaine, de transport de passagers ou même de tourisme. Entre initiatives privées, investissements publics et expérimentations technologiques, l’électromobilité gagne désormais du terrain sur l’eau.

source : HAROPA PORT

La logistique fluvio-électrique s’installe dans le paysage parisien

Et si la prochaine révolution de l’électromobilité parisienne ne venait pas de la route, mais du fleuve ? Ce qui est sûr c’est que le mouvement est déjà bien engagé. En effet, et à titre d’exemple, depuis fin 2025 HAROPA PORT a officialisé un partenariat de 15 ans avec la start-up ULS (Urban Logistic Solutions) pour développer une logistique fluvio-cyclable à Paris.

source : HAROPA PORT

Si c’est abstrait dit comme ça, dans les faits c’est plus simple. Les marchandises transitent par bateau entre Charenton-le-Pont et des points stratégiques comme les ports de Javel-Bas ou du Gros-Caillou, avant d’être acheminées en centre-ville via des vélos-cargos électriques. Selon un article du Figaro parut en mars 2026, il faut seulement 37 minutes pour relier Charenton au pont Alexandre III, puis 6 minutes supplémentaires pour desservir les Champs-Élysées en vélo.

source : Les Echos

Ce modèle permet de réduire drastiquement l’usage des utilitaires thermiques en ville, dont l’impact reste particulièrement élevé : à Paris, les véhicules de livraison (utilitaires et poids lourds) représentent jusqu’à 40 % des émissions liées au trafic routier en zone dense, tout en étant responsables d’une part importante des nuisances sonores et de la congestion. 

Dans ce contexte, ULS ambitionne de remplacer, par ce système logistique, jusqu’à 150 camions thermiques. De plus, le bateau utilisé est conçu en modules au Portugal, ce qui illustre l’émergence d’une véritable chaîne de valeur européenne autour de ces nouvelles mobilités.

source : HAROPA PORT

Un cadre réglementaire qui pousse clairement vers le zéro émission

Le développement de ces solutions ne repose pas uniquement sur des initiatives privées. Il s’inscrit en effet dans un cadre réglementaire plus restrictif pour les transports, ce qui oblige les entreprises à repenser leurs modèles.

En effet, à Paris, la Zone à Faibles Émissions (ZFE) interdit déjà les véhicules les plus polluants, avec un durcissement progressif des restrictions. À horizon 2030, la capitale vise une sortie quasi totale du diesel, voici pourquoi la solution d’un transport fluvial devient la solution.

Au niveau européen, le paquet climat “Fit for 55” fixe un objectif de réduction de -55 % des émissions de CO₂ d’ici 2030. Dans le même temps, la réglementation AFIR (Alternative Fuels Infrastructure Regulation) impose le développement d’infrastructures de recharge, y compris pour le transport fluvial.

source : Fit for 55

Le tourisme et le transport de passagers passent aussi à l’électrique

L’électrification de la Seine ne concerne pas uniquement le fret. Le transport de passagers évolue lui aussi rapidement.

Les Vedettes de Paris ont par exemple entamé la transformation de leur flotte avec un premier bateau rétrofité 100 % électrique dès 2024. Chaque unité est équipée de deux packs batteries de 550 kWh, avec des recharges rapides d’environ 15 minutes lors des escales. L’objectif affiché était d’atteindre 80 % de flotte zéro émission d’ici mi-2025, avec un gain estimé à 460 tonnes de CO₂ évitées par an et par bateau. Un cap ambitieux, qui illustre surtout la volonté des opérateurs d’accélérer l’électrification, même si le niveau réel de déploiement n’a pas été officiellement précisé à ce stade.

Dans un registre différent, le navire événementiel La Perle Noire, inauguré en juin 2025 au port de Grenelle, mise sur une propulsion électrohydraulique innovante. Long de 22 mètres et capable d’accueillir 70 passagers, il repose sur une technologie développée avec plusieurs acteurs français, illustrant l’émergence d’une filière industrielle autour du fluvial électrique.

Enfin, les projets de taxis volants sur l’eau refont surface avec les SeaBubbles. Ces bateaux électriques, capables d’atteindre 25 nœuds (46 km/h), pourraient être déployés dès 2026 avec une flotte de 10 à 20 unités. Plusieurs opérateurs comme G7 ou Uber sont évoqués, même si la question réglementaire reste encore en discussion.

source : Fédération des Industries Nautiques

Les infrastructures, clé de voûte de cette transformation

Comme pour la voiture électrique, le développement de ces usages repose en grande partie sur les infrastructures.

Depuis 2018, HAROPA PORT et Voies Navigables de France déploient progressivement le réseau Borne & Eau®, qui doit atteindre 110 points de recharge d’ici 2026 entre Le Havre, Rouen et Paris. Ces bornes fournissent à la fois électricité (jusqu’à 63A) et eau.

Et comme évoqué précédemment, de la manière que pour les véhicules terrestres, ce maillage de bornes est central pour le développement des modes de transports. Il devra être développé de manière plus importante pour voir les bateaux électriques se développer au mieux.

source : HAROPA PORT

Une transformation encore en construction

Si les projets se multiplient, la logistique fluviale électrique reste encore en phase de structuration. La dynamique est bien là. Portée par les contraintes réglementaires, les innovations technologiques et l’évolution des usages, la Seine devient progressivement une solution, certes de niche, pour limiter les émissions de CO₂.

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