Le dernier baromètre publié par Arval Mobility Observatory confirme une accélération nette de la transition énergétique dans les flottes d’entreprise. Mais au-delà de la dynamique globale, une tendance se détache clairement : les véhicules utilitaires s’imposent désormais comme un levier clé de l’électrification, alors même qu’ils étaient encore considérés comme un segment difficile à transformer il y a quelques années.

Une transition désormais largement engagée dans les entreprises
C’est un fait, les entreprises françaises ont franchi un cap. En effet, selon l’édition 2026 du baromètre, 84 % d’entre elles déclarent être engagées dans une démarche de transition énergétique ou envisagent de le faire dans les trois ans.
Plus concrètement, on apprend que 65 % des flottes intègrent déjà des véhicules électrifiés, qu’il s’agisse de modèles 100 % électriques ou hybrides rechargeables. Une progression qui s’accompagne d’une montée en puissance rapide sur le marché : les véhicules électriques représentent désormais 26 % des immatriculations en entreprise, en hausse de 4,4 points en un an.

Cette dynamique intervient pourtant dans un contexte global plus tendu. Le marché des flottes a reculé de 8,6 % en 2025, avec environ 723 000 véhicules intégrés.
Les utilitaires, nouveau pivot de l’électrification
L’information clé du dossier se situe ailleurs, car si l’adoption des véhicules électrifiés par les entreprises a longtemps été freinée par des contraintes d’autonomie, de charge utile ou de coût, désormais, ces véhicules utilitaires connaissent une adoption en forte hausse. Selon plusieurs analyses relayées notamment par la presse spécialisée, ils apparaissent désormais comme le segment le plus dynamique dans l’électrification des flottes.
Cette évolution s’explique par la transformation des usages professionnels. Les activités de livraison du dernier kilomètre, en forte croissance, favorisent naturellement des véhicules adaptés aux trajets courts et urbains. Dans ces conditions, l’électrique devient non seulement pertinent, mais souvent plus compétitif à l’usage.
En plus de cela, cette bascule est encouragée par les contraintes d’accès aux centres-villes. Avec la multiplication des zones à faibles émissions (ZFE), les utilitaires thermiques deviennent de moins en moins adaptés à certains usages, poussant les entreprises à accélérer leur transition.

Un cadre réglementaire de plus en plus structurant
En France, les entreprises disposant de plus de 100 véhicules doivent intégrer une part minimale de modèles à faibles émissions dans leurs renouvellements. Ce quota atteint actuellement 20 %, avec des objectifs appelés à grimper à 40 %, puis 70 % à l’horizon 2030.
Alors oui c’est évident, ces obligations jouent un rôle déterminant dans l’évolution des stratégies de flotte. D’autant que la fiscalité évolue en parallèle, avec un renforcement des pénalités liées aux émissions de CO₂, ce qui pénalise davantage les motorisations thermiques.

Une gestion des flottes de plus en plus rationalisée
Au-delà de l’électrification, le baromètre met en lumière une transformation plus globale des politiques de mobilité. Dans un contexte économique incertain, les entreprises cherchent à optimiser leurs coûts. Cela passe par une rationalisation des flottes, mais aussi par une montée en puissance de solutions comme la location longue durée, qui représente désormais jusqu’à 64 % des immatriculations dans les grandes entreprises.
Le coût total de détention devient un critère central. Et dans ce domaine, l’électrique gagne du terrain. Malgré un prix d’achat encore élevé, il bénéficie de coûts d’usage plus faibles, notamment sur l’énergie et l’entretien, ce qui renforce sa compétitivité sur le long terme.

Une transition qui change d’échelle
Cette édition 2026 d’Arval Mobility Observatory a mis en évidence que l’électrification des flottes ne concerne plus uniquement les véhicules particuliers. Elle s’étend désormais à l’ensemble des usages professionnels, avec les utilitaires comme principal moteur de cette transformation.
Dans les faits, cette évolution marque une étape clé. Car en s’attaquant à ce segment stratégique, les entreprises accélèrent mécaniquement la décarbonation de leurs activités.











