En février 2026, le Canada a franchi une nouvelle étape dans sa transition vers l’électromobilité avec une série d’annonces ambitieuses du gouvernement fédéral. Face à la chute des ventes de véhicules électriques observée après l’épuisement du précédent programme de rabais, Ottawa a récemment dévoilé une stratégie automobile nationale cohérente. Cette feuille de route vise à relancer l’adoption des VE tout en consolidant l’industrie automobile canadienne.

Une stratégie automobile nationale pour transformer le secteur
Le 5 février 2026, le premier ministre Mark Carney a présenté une nouvelle stratégie nationale pour l’industrie automobile, destinée à positionner le pays comme un acteur majeur des véhicules électriques. Cette stratégie comprend un programme d’incitatifs sur cinq ans, des investissements industriels massifs et des normes environnementales renforcées. Elle reflète la volonté de structurer non seulement la demande de véhicules électriques, mais aussi l’ensemble de l’écosystème qui entoure l’électromobilité.
Dans cette vision, la mobilité électrifiée est l’un des piliers d’une transformation industrielle plus large qui mobilise des fonds publics pour stimuler l’investissement, protéger les emplois et diversifier les marchés.

Un réseau de recharge renforcé : +8 000 bornes annoncées
L’un des volets les plus concrets de cette stratégie concerne l’infrastructure. Le 10 février 2026, Ottawa a annoncé un investissement de 84,4 millions $ pour financer plus de 8 000 nouvelles bornes de recharge publiques à travers le pays, dans le cadre du Programme d’infrastructure pour les véhicules à émission zéro (ZEVIP).
Ce déploiement intervient alors que le parc de bornes existant dépasse déjà 38 000 unités, réparties dans près de 14 500 emplacements à l’échelle du pays. Plusieurs provinces, dont l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique, concentrent la majorité de ces infrastructures, mais la stratégie vise à densifier l’offre dans toutes les régions, y compris dans les zones rurales les moins bien desservies.

Relance des incitatifs : retour du programme de rabais
Un autre élément central de la stratégie est la relance des incitatifs à l’achat des véhicules électriques, qui avaient été suspendus début 2025 après l’épuisement des fonds du programme fédéral iZEV, alors très populaire.
À partir du 16 février 2026, le gouvernement prévoit de réintroduire un système de rabais fédéraux, offrant jusqu’à 5 000 $ pour l’achat d’un véhicule 100 % électrique admissible et jusqu’à 2 500 $ pour un hybride rechargeable. Ces montants seront progressivement dégressifs jusqu’en 2030 afin d’accompagner l’évolution du marché et de garantir une transition plus durable vers l’électrique.

Cette relance intervient dans un contexte de recul des ventes de VE au Canada depuis la fin des aides incitatives en 2025, qui a été marquée par une chute significative des immatriculations de VE.
Un cadre réglementaire renouvelé
Dans le même temps, le gouvernement a choisi de mettre fin à l’obligation de ventes minimales de véhicules électriques au profit de normes d’émissions plus strictes pour le secteur automobile, une mesure qui vise à offrir davantage de flexibilité aux constructeurs tout en orientant le marché vers une transition durable.
Cette approche reflète une philosophie stratégique claire de la part du gouvernement canadien : développer l’électromobilité par la combinaison de normes ambitieuses, d’incitatifs économiques et d’infrastructures adaptées, afin de répondre aux besoins des consommateurs tout en soutenant la compétitivité de l’industrie.

Une approche industrielle globale
L’ensemble de ces mesures s’inscrit dans une logique de transformation de l’industrie automobile canadienne, touchant autant la demande que l’offre, l’infrastructure que la production. La stratégie entend non seulement relancer l’adoption des véhicules électriques, mais aussi attirer des investissements privés et créer des emplois dans un environnement économique mondial incertain.
En mêlant expansion des bornes, aides à l’achat, normes renforcées et vision industrielle stratégique, le Canada cherche à affirmer une nouvelle dynamique dès 2026.














