Avec le lancement imminent de 100 robotaxis RT6 de Baidu Apollo Go, Dubaï franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de mobilité autonome. Ce déploiement vise à réduire la congestion en centre-ville, améliorer la sécurité et transformer la ville en un véritable laboratoire de données urbaines. Avec l’objectif d’atteindre 25 % de déplacements autonomes d’ici 2030, la cité émiratie affirme sa volonté de passer de l’expérimentation à la mise à l’échelle massive.

Un projet stratégique entre Baidu et la RTA
Le projet repose sur un accord signé en mars 2025 entre Baidu Apollo Go et la Roads and Transport Authority (RTA) de Dubaï. La flotte initiale comprendra 100 véhicules RT6, entièrement autonomes, destinés à circuler dans les zones urbaines dès le mois prochain, selon Mahmood Abdulla, influenceur émirati spécialisé dans l’innovation et l’IA. L’envie de la « Cité de l’Or » est d’étendre cette flotte à 1 000 véhicules d’ici 2028.

Mais Dubaï n’a pas signé cet investissement avec n’importe qui. Apollo Go s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux fournisseurs mondiaux de services de covoiturage autonome, avec plus de 240 millions de kilomètres parcourus en conduite autonome, dont plus de 140 millions de kilomètres en mode entièrement sans conducteur. Présent dans 22 villes à travers le monde, le service dépasse désormais les 17 millions de trajets. À ce jour, aucun incident majeur n’a été officiellement signalé.
Le RT6 est un véhicule électrique autonome de niveau 4, conçu pour évoluer dans des environnements urbains denses et complexes, il s’appuie sur une combinaison de lidars, radars, caméras haute définition et algorithmes d’intelligence artificielle pour gérer la circulation, les piétons et les situations imprévues, sans intervention humaine. Le partenariat avec la RTA permet d’adapter l’expérience chinoise aux conditions locales, tout en s’inscrivant dans la Dubai Autonomous Transportation Strategy, initiée en 2016 sous la direction du prince héritier de Dubaï, Sheikh Hamdan bin Mohammed bin Rashid Al Maktoum. Ce programme vise à transformer 25 % de tous les déplacements de transport à Dubaï en mode autonome d’ici 2030.

Une nouvelle logique d’utilisation
Toujours selon Mahmood Abdulla, ce qui distingue les flottes autonomes des services traditionnels, c’est leur disponibilité et leur efficacité. En effet, les RT6 peuvent fonctionner jusqu’à 22 heures par jour, contre une plage limitée pour les véhicules conduits par des humains, soumis à certaines contraintes, notamment la fatigue.
Dans le contexte global des études sur la congestion, les commuters, c’est-à-dire les usagers réguliers des transports, perdent en moyenne plus de 60 heures par an dans les grandes villes, et jusqu’à 100 heures dans les métropoles les plus congestionnées. Par exemple, pour une ville comme Dubaï, les coûts économiques liés à ces horaires peuvent représenter 2 à 3 % du PIB urbain, selon Mahmood Abdulla. Avec l’intégration de ces robotaxis à Dubaï, l’objectif est clair : optimiser les itinéraires et limiter les accidents liés à la fatigue ou à la paresse, dans le but de permettre aux habitants de ne plus perdre de temps et, ainsi, de faire réaliser à la ville des économies.
Sécurité et fiabilité : remplacer les erreurs humaines par des systèmes
La sécurité est également un autre avantage majeur. Dans les études mondiales sur les accidents de la route, les facteurs humains sont impliqués dans la majorité des accidents graves. Dans l’idée de réduire les risques, les RT6 ont été choisis car ils reposent sur des systèmes conçus pour anticiper les situations complexes et garantir une fiabilité maximale. Pour Dubaï, le gain sera double : non seulement une réduction de la mortalité routière, mais aussi des gains économiques indirects via la baisse des coûts d’assurance et des dépenses liées aux accidents.

Ce n’est pas tout : selon l’influenceur spécialiste Dubaiote, chaque robotaxi fonctionne aussi comme un récepteur de données permanent. En effet, ces véhicules 100 % électriques collectent des informations en temps réel sur le flux de circulation, la pression sur les infrastructures et les schémas de déplacement des usagers. Ces données transforment ainsi la mobilité en une véritable « infrastructure de données ».
Et en France, est-ce envisageable ?
À court terme, un déploiement de robotaxis à la manière de Dubaï reste peu probable en France. Non pas pour des raisons technologiques, car les acteurs européens développent depuis plusieurs années l’autonomie de niveau 4, mais pour des raisons réglementaires. Aujourd’hui, les véhicules autonomes sans conducteur sont autorisés uniquement dans des zones d’expérimentation très encadrées, souvent à vitesse limitée et sur des itinéraires définis. Aujourd’hui, si quelques projets pilotes existent, il faudra attendre, puisque les premières exploitations commerciales ciblées pourraient voir le jour entre 2027 et 2030.
Une ville laboratoire pour le monde
Avec l’intégration prochaine de 100 robotaxis, Dubaï se positionne ainsi comme un modèle pour les métropoles du monde entier. En testant et en déployant massivement des véhicules autonomes, elle améliore la sécurité et récupère du temps productif pour l’économie locale. L’expérience RT6 servira certainement de référence pour d’autres villes confrontées à la congestion et à la transition vers la mobilité autonome.












