Lancia s’apprête à jouer l’une des cartes les plus ambitieuses de son histoire récente. Au Brussels Motor Show 2026, la marque italienne orchestrera une relance articulée autour d’un triptyque clair : design, sport automobile et électrification. Avec la famille Ypsilon comme pierre angulaire et un retour officiel en rallye. Stellantis veut repositionner Lancia dans le premium compact, entre héritage assumé et projection technologique.

Dans un contexte de recul des grands salons internationaux, l’événement belge s’est imposé comme une place forte européenne pour les véhicules électrifiés et les stratégies de reconquête. Pour Lancia, ce salon marque la première grande étape publique d’une “année clé”, pensée comme le point de bascule pour une renaissance industrielle. Sur son stand, la marque déploie un récit. Celui d’un constructeur italien historiquement premium, jadis dominateur en rallye, décidé à reprendre la main sur le terrain de la performance et de la technologie. Cette stratégie s’inscrit pleinement dans la logique de groupe de Stellantis. Aux côtés de DS Automobiles et d’Alfa Romeo, Lancia doit incarner un pilier du pôle premium, plus émotionnel et lié à l’histoire du sport automobile.
Une renaissance annoncée et assumée
Au cœur de cette relance, la nouvelle génération de Lancia Ypsilon se décline en une véritable famille, pensée pour couvrir plusieurs usages, plusieurs niveaux de gamme et plusieurs sensibilités clients. La Ypsilon HF électrique constitue la vitrine technologique et sportive de cette stratégie. Avec une puissance annoncée de 280 chevaux, un 0 à 100 km/h abattu en 5,6 secondes et une batterie d’environ 54 kWh pour une autonomie WLTP proche de 370 kilomètres, Lancia affiche des chiffres crédibles face aux compactes sportives électrifiées du marché. Au-delà des performances brutes, la marque insiste sur le travail châssis, les freins majorés, le différentiel autobloquant et un réglage dynamique directement inspiré de l’expérience en compétition. Le badge HF n’est pas ici un simple artifice marketing.
À l’autre bout du spectre, la Ypsilon Ibrida HF Line transpose cet ADN sportif dans une proposition plus accessible. Avec environ 110 chevaux et une hybridation légère ou full hybrid selon les marchés. Elle vise un public désireux de style et de distinction, sans basculer dans le tout électrique ni dans une sportivité radicale. C’est un modèle clé pour le volume, et donc pour la viabilité commerciale de la relance. Enfin, la Ypsilon Elettrica LX se positionne comme la déclinaison haut de gamme. Elle met l’accent sur le confort, les finitions, les technologies embarquées et les services connectés. Lancia cherche ici à capter une clientèle premium urbaine, sensible au design autant qu’à l’expérience utilisateur.

Le retour en rallye, entre héritage et crédibilité
La relance de Lancia ne serait pas complète sans le sport automobile. À Bruxelles, la star symbolique reste la Ypsilon Rally2 HF Integrale. Homologuée en catégorie Rally2, elle marque le retour officiel de Lancia en WRC2 et en Championnat d’Europe des rallyes dès 2026, avec un premier engagement annoncé au Rallye Monte-Carlo fin janvier. Ce choix du Rally2 permet une présence officielle à haut niveau, tout en restant compatible avec une logique de coûts maîtrisés et de diffusion auprès d’équipes clientes. Lancia assume clairement une fonction de vitrine : démontrer son savoir-faire technique, recréer un lien émotionnel avec son glorieux passé et redonner de la légitimité sportive à la marque.
L’ombre de la Delta Integrale plane évidemment sur cette Ypsilon Rally2 HF. Sans tomber dans la nostalgie excessive, Lancia exploite un capital historique unique. Le nom HF (High Fidelity), l’implication de figures emblématiques et la communication autour de la transmission du savoir-faire rallye participent à réactiver une mémoire collective encore très vive chez les passionnés. Le programme 2026 prévoit au moins huit épreuves en WRC2 et ERC. L’objectif n’est pas uniquement la victoire immédiate, mais la construction d’une crédibilité progressive, la détection de jeunes talents et l’inscription durable de Lancia dans l’écosystème du rallye moderne.

Un positionnement premium sous pilotage Stellantis
Derrière cette offensive, se joue une stratégie industrielle et commerciale plus large. Stellantis entend recentrer Lancia sur quelques marchés européens clés : l’Italie, évidemment, mais aussi la France, la Belgique, l’Espagne et plus largement l’Europe occidentale. La marque abandonne l’idée d’une diffusion mondiale pour privilégier une reconquête ciblée et maîtrisée. L’électrification est un pilier central de cette vision. Lancia doit devenir une marque fortement électrifiée, avec un calendrier de sortie progressive des motorisations thermiques selon les marchés. Cette transition est présentée non comme une contrainte réglementaire, mais comme une opportunité de repositionnement haut de gamme, où la technologie sert le design et l’émotion. Face à une concurrence féroce, Lancia joue la carte de la différenciation culturelle. Le style italien, l’héritage rallye et une communication très identitaire deviennent des leviers aussi importants que les fiches techniques.
Une année 2026 décisive pour Lancia
Le Brussels Motor Show 2026 apparaît ainsi comme bien plus qu’un simple salon. Il constitue l’acte fondateur d’une relance qui engage l’image, la crédibilité sportive et l’avenir commercial de Lancia. La famille Ypsilon, dans toutes ses déclinaisons, sert de laboratoire et de manifeste. Les volumes, la réception client et la capacité de Lancia à tenir dans la durée ce positionnement premium électrifié seront déterminants. Mais une chose est certaine : pour la première fois depuis longtemps, Lancia ne se contente plus de survivre. Elle propose un projet cohérent, lisible et ambitieux. À Bruxelles, la flamme HF s’est rallumée.
Sources : Stellantis, Chrysler


















