Du 22 au 25 avril 2025 avait lieu AERO2026 à Friedrichshafen, le salon de référence mondial pour l’aviation générale.. AURA AERO a signé la première commande ferme de son INTEGRAL S avec l’opérateur tchèque OK AVIATION. Une étape commerciale concrète pour un avion de formation nouvelle génération qui, jusqu’ici, suscitait surtout de l’intérêt. Cette fois, il suscite un achat.

Un salon emblématique
AERO Friedrichshafen est l’un des rendez-vous incontournables de l’aviation générale en Europe (hors aviation commerciale type Airbus/Boeing). AURA AERO y était présente avec deux avions : INTEGRAL R et INTEGRAL S. Si l’objectif principal est de montrer au plus grand nombre ses dernières technologies, l’entreprise toulousaine a fait mieux, elle en repart avec une commande ferme.
Jérémy Caussade, président et co-fondateur d’AURA AERO, ne cherche pas à minimiser le moment : “Cette première commande ferme pour INTEGRAL S est une très belle étape pour AURA AERO. Elle confirme l’intérêt concret du marché pour cet avion de formation nouvelle génération, pensé pour les usages réels des écoles. À Friedrichshafen, nous voyons un fort niveau d’attention autour de la famille INTEGRAL, et cette signature vient transformer cet intérêt en dynamique commerciale tangible.”
C’est précisément là que se joue quelque chose d’important. AURA AERO avait déjà démontré sa capacité à attirer l’attention, plus de 700 intentions de commandes enregistrées sur l’ensemble de ses programmes, valorisées à 12 milliards de dollars, dont 20 commandes fermes sur ERA. Avec INTEGRAL S, un nouveau palier est franchi : la gamme d’avions légers entre elle aussi dans une logique commerciale réelle.

INTEGRAL S : un avion école pensé comme un outil complet
Derrière cette première commande, il y a un appareil l’INTEGRAL S. Prsénté comme un avion biplace côte à côte, conçu pour couvrir l’ensemble du spectre de la formation, y compris la voltige. Il s’inscrit dans la gamme INTEGRAL du constructeur, aux côtés de l’INTEGRAL R, orienté voltige et loisir, et de l’INTEGRAL E, version 100 % électrique.
Sous le capot, on retrouve un moteur Lycoming IO-360 de 180 chevaux, une base éprouvée qui garantit à la fois fiabilité et simplicité de maintenance. Côté performances, l’appareil affiche une vitesse de croisière d’environ 260 km/h, un rayon d’action de 1 006 km et une autonomie d’environ 3,5 heures. Quand on parle de formation on peut penser à des pistes secondaires plus courtes, ça tombe bien car ce qui est court c’est aussi le décollage de cet avion (318 mètres).
Enfin, l’appareil intègre des standards de sécurité élevés : parachute de cellule, réservoirs anti-déflagration et structure renforcée. L’objectif est clair : proposer un avion capable d’accompagner un élève du premier vol jusqu’aux phases les plus exigeantes, sans rupture dans la progression.

OK AVIATION : un acheteur qui sait ce qu’il veut
Le premier client d’INTEGRAL S est OK AVIATION Group. Basé à l’aéroport de Příbram, en République tchèque, le groupe propose depuis plus de trente ans une offre complète autour du vol privé : vente d’avions, formation, maintenance et charter. C’est un opérateur expérimenté, qui connaît les besoins du terrain et qui n’achète pas sur une promesse.
Lubomir Cornak, président-directeur général d’OK AVIATION, explique la logique de cette commande sans détour : “Nous constatons une forte demande pour un avion d’entraînement polyvalent moderne, doté de capacités d’entraînement UPRT et d’autres fonctionnalités avancées. Nous nous réjouissons à l’idée de nouer un partenariat durable avec AURA AERO.” L’UPRT (Upset Prevention and Recovery Training), est une discipline de formation qui entraîne les pilotes à gérer les situations de vol inhabituel. C’est exactement le positionnement d’INTEGRAL S.

Une entreprise qui entre dans le concret
Pour mesurer l’importance de cette commande, il faut regarder où en est AURA AERO. Fondée en 2018 à Toulouse-Francazal, l’entreprise a déjà franchi plusieurs caps clés : près de 250 employés, des agréments de conception et de production en poche, un stade que beaucoup de start-up aéronautiques n’atteignent jamais.
Côté financement, le groupe totalise désormais 340 millions d’euros, dont une levée récente de 50 millions réunissant notamment Bpifrance, le Conseil européen de l’innovation ou encore Safran. Surtout, l’industriel passe à l’étape suivante. L’usine Aura Factory à Toulouse est lancée, tandis qu’un second site est en préparation à Daytona Beach, aux États-Unis.

De l’intérêt à la vente
Ce qui se joue à Friedrichshafen en avril 2026 illustre un passage de seuil. Il y a quelques mois encore, AURA AERO accumulait les signaux positifs : intentions de commandes, soutiens institutionnels, agréments industriels, financements européens.
Pour Jérémy Caussade, qui avait résumé l’ambition de son entreprise : “nous construisons bien plus que des avions : nous construisons un nouvel acteur industriel européen”, cette signature est une validation de plus.
La prochaine étape, désormais, est industrielle car le communiqué nous l’apprend, la certification CS-23 et les premières livraisons d’INTEGRAL S, sont attendues cette année.












