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NewsPublié le 27/04/2026
7 min

Salon de Pékin : la démonstration de force des constructeurs chinois

Auto China, le plus grand salon automobile du monde, vient d’ouvrir ses portes au public à Pékin. L’édition 2026 marque un point de bascule dans le secteur automobile international, tant les marques locales impriment désormais leur tempo à coups d’innovations et d’idées neuves pour les voitures de demain, et plus largement la mobilité du futur. Si vous ne vous sentez pas concernés depuis la France, détrompez-vous car les nouveautés présentées aujourd’hui à Pékin fleuriront très vite dans nos concessions, d’ici 18 à 36 mois. 

Auto China en chiffres 

Le salon automobile de Pékin (qui se tient tous les 2 ans, en alternance avec celui de Shangaï) accueille la planète auto pendant une dizaine de jours. 1 400 véhicules appartenant à une centaine de constructeurs chinois et étrangers sont ainsi présentés dans des halls gigantesques, étendus sur 380 000 m2 (50 terrains de football). 170 premières mondiales, 70 concept-cars. Evidemment, les marques chinoises jouent sur leurs points forts : voitures électriques, batteries haute capacité, vitesses de charge décuplées, intégration de logiciels IA, développement de la conduite autonome, confort et innovations embarquées. Face à cette avalanche de nouveautés développées à des vitesses records, les constructeurs européens n’abdiquent pas mais doivent nouer des partenariats avec les firmes chinoises pour combler un retard technologique évident (BMW-CATL, Audi-Huawei, Volkswagen-Xpeng…).

La domination chinoise s’accentue dans le monde automobile

Le salon de Pékin s’adresse d’abord aux clients chinois, mais aussi indirectement aux automobilistes européens. Le premier marché mondial (plus de 34 M de véhicules vendus en 2025) représente à lui seul 1 immatriculation sur 3 dans le monde. La moitié est composée de voitures électriques. La Chine pèse deux tiers des ventes d’électriques dans le monde et surtout la production ne cesse de croitre : près de 35M de véhicules fabriqués l’année dernière, dont 1/7 part à l’exportation (Europe, Amérique, Asie). Ces marchés étrangers sont d’autant plus importants que la demande locale se tasse : baisse de 17% des ventes de voitures particulières au premier trimestre en Chine. Il y a désormais un trop grands nombre de constructeurs locaux qui rivalisent et baissent les prix, quitte à diminuer leurs bénéfices. L’expansion vers l’international est donc inéluctable.

BYD, Xiaomi et Xpeng foncent sur l’IA

Face à une concurrence très forte, les constructeurs misent donc sur les logiciels, les innovations technologiques embarquées et la capacité à créer un écosystème cohérent. Tandis que les clients chinois doivent désormais être fidélisés et monter en gamme, via des grands SUVs modernes et bien équipés ou des modèles sportifs et puissants.

Xpeng présente le GX, imposant SUV de luxe intégrant une IA complexe et très précise directement à bord pour fluidifier la conduite autonome : la puissance de calcul embarquée est ainsi semblable à 100 smartphones haut de gamme ou 10 fois plus puissante que le système FSD développé par Tesla. En clair, la voiture détecte les obstacles, fait l’analyse continue de toutes les caméras périphériques et prend les décisions en quelques millisecondes, sans être connecté à internet.

BYD Yuan Plus III : il sera diffusé en Europe sous le nom d’Atto 3, un SUV compact électrique qui va profiter de la nouvelle technologie de recharge ultra-rapide de BYD, baptisée Flash Charging : de 10 à 70 % en 5 min. Ces bornes spécifiques arrivent progressivement en Chine et pourraient apparaître en Europe d’ici 2027.

Denza Z (groupe BYD) : Supercar cabriolet électrique à 3 moteurs capables de développer une puissance totale de 1 000 ch et un 0 à 100 en moins de 2 secondes. Objectif : détrôner les meilleures supercars européennes. Pour optimiser son comportement routier, la Z reçoit des suspensions intelligentes qui équilibrent le châssis toutes les 10 millisecondes. La direction et le freinage sont pilotés électroniquement « steer-by-wire », autrement dit plus aucune liaison physique ne relie le conducteur à la route. Le volant est carré et se rétracte dans la planche de bord en cas de choc.

Fang Cheng Bao (groupe BYD) : marque domestique chinoise spécialisée dans les 4×4 et le off-road, elle élargit sa gamme avec une berline sportive (semblable à une Porsche Panamera) baptisée Formula S. Dotée d’un Lidar et multiples caméras pour la conduite autonome, d’un châssis intelligent et 4 roues directrices, ce coupé GT se veut très dynamique (1000 ch et 3 moteurs) et pourrait arriver en Europe rapidement. 

Xiaomi YU7 GT : C’est le SUV sportif de Xiaomi, qui le positionne comme un rival au Porsche Macan électrique. Batterie de plus de 100 kWh, autonomie de 700 km et une puissance de 990 ch, son lancement est d’abord réservé à la Chine avant de venir sans doute se frotter aux premiums européens.

Lynk & Co : la marque haut de gamme du groupe Geely se lance sur le segment des GT de prestige avec le concept « Time to Shine », développé dans les bureaux d’études suédois du groupe (propriétaire de Volvo). Ce prototype sculptural annonce une prochaine voiture plaisir électrique dont le châssis numérique est piloté par IA. Configuré pour la piste, l’ordinateur assiste par contrôle avancé tous les mouvements de caisse et améliore ainsi le dynamisme de cette propulsion qui promet un 0 à 100 en moins de 2 s.

NIO ES9 : Long de 5,36 m, il est le plus grand SUV de Chine (plus grand qu’un Rolls Royce Cullinan) et dispose de 3 capteurs Lidar pour la conduite autonome. Sous le plancher une batterie de plus de 100 kWh et jusqu’à 620 km d’autonomie. 

Zeekr SUV 8X : ce SUV haut de gamme hybride se veut aussi puissant qu’une supercar avec près de 1400 ch dans sa configuration la plus extrême. 0 à 100 km/h en moins de 3 s. La combinaison électrique-thermique offre une autonomie allant jusqu’à 1400 km, tandis que la recharge rapide (sur cette architecture 900 V) peut prendre moins de 10 minutes pour passer de 20 à 80 %. 

En marge de l’élargissement de sa gamme Galaxy, (génération de voitures intelligentes contenant une intégration d’IA pour la conduite autonome et assistée), le groupe Geely a présenté son premier robotaxi Eva Cab, sous forme de concept car. Ce véhicule sans volant ni commandes, est équipé d’un processeur dont les capacités de prises de décision sont 3 fois plus rapides qu’un conducteur humain expérimenté. Le World Action Model (WAM) est un cerveau (triple niveau de perception à 360°) qui permet au véhicule de penser et juger instantanément (95% des situations de conduite quotidiennes sont gérées automatiquement comme réaliser un demi-tour par exemple).

Leapmotor lance la B05 en Europe. Modèle compact (4,43 m) destiné à réaliser d’importants volumes, affiché à partir de 26 900 €. Elle rejoindra la production du SUV compact B10 (assemblé à Saragosse, usine Stellantis en Espagne). Une version B05 Ultra, un peu plus sportive, est réservée pour l’instant au marché chinois. 

L’économie de la « basse altitude » en plein décollage

Au-delà de la route, le salon de Pékin met aussi en avant le futur de la mobilité « par les airs ». Ce qui est présenté comme l’économie de la basse altitude recense les drones, taxis volants et autres véhicules aériens évoluant dans des périmètres moins élevés que l’espace aérien commercial traditionnel. Ainsi la startup AutoFlight améliore ses eVTOL (Electric Vertical Take-Off and Landing), sortes de taxis collectifs à 10 places, pilotés à distance pour couvrir des distances urbaines ou périurbaines. Ce type de navettes sont également en développement chez Geely ou Xpeng, car cette nouvelle économie de la mobilité est placée comme prioritaire par les autorités chinoises.

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