Alors que le marché automobile européen retrouve des couleurs (près de 6M d’exemplaires livrés, + 5,7%), toutes motorisations confondues, au terme du premier semestre 2026, le fait marquant réside toujours dans la montée en puissance des immatriculations de voitures électriques et hybrides. Si le contexte géopolitique
international a pesé dans le choix des acheteurs, l’élan vers la transition énergétique ne fléchit pas : plus de 2 voitures neuves sur 3 sont désormais électrifiées.

Près de 7 voitures neuves sur 10 sont électrifiées
De janvier à juin 2026, 5 898 667 véhicules ont été immatriculés en Europe (incluant les îles britanniques, la Norvège, l’Islande et la Suisse) ce qui représente une progression de 5,7 % des ventes par rapport au premier semestre 2025. Cette performance encourageante intervient dans un contexte géopolitique international tendu et désavantageux vis-à-vis des motorisations thermiques qui carburent aux énergies fossiles (- 17,2% sur les 6 premiers mois de l’année). En contrepartie, la part des motorisations électrifiées ne cesse de s’élargir. Hybrides (37,3 % des ventes), hybrides rechargeables (9,8 %) et électriques (20,7 % des ventes), ces trois technologies totalisent ensemble 67,8 % des immatriculations de voitures neuves dans l’Union européenne. En clair, près de 7 voitures neuves sur 10 sont désormais électrifiées, un niveau historique.

L’hybride domine toujours le marché
Avec 2,2 millions d’unités immatriculées, les véhicules hybrides (HEV) confortent leur statut de motorisation préférée des automobilistes européens. Solution de transition privilégiée, les hybrides simples représentent désormais 37,3 % du marché, loin devant toutes les autres technologies. Cette hausse est marquée en Italie (+23 %) et en Espagne (+20,8 %), tandis que l’Allemagne (+6,9 %) et la France (+3,2 %) enregistrent une croissance plus mesurée.

Le véhicule électrique franchit un nouveau cap
Les voitures électriques (BEV) poursuivent également leur ascension. Avec 1 220 890 immatriculations depuis janvier, elles atteignent 20,7 % de part de marché, contre seulement 15,6 % un an plus tôt. Trois marchés concentrent à eux seuls près des deux
tiers des immatriculations européennes de véhicules électriques : la France (+ 63 %), l’Allemagne (+ 48%) et le Danemark (+41 %). La demande décolle fortement, bien accompagnée par les aides et les politiques publiques de soutien (prime éco-score, leasing social), mais aussi via l’arrivée de modèles zéro émission désormais plus accessibles.

Les hybrides rechargeables retrouvent des couleurs
Longtemps en perte de vitesse, les hybrides rechargeables (PHEV) enregistrent un net rebond. Au premier semestre, 577 735 véhicules ont été immatriculés dans l’Union européenne, soit 9,8 % de parts de marché (contre 8,5 % un an auparavant). C’est en Italie et en Espagne que les progressions sont les plus fortes, notamment auprès des gros rouleurs et des flottes d’entreprises. A noter que, à la différence des BEV, cette technologie PHEV n’est pas pénalisée par une surtaxe commerciale à l’import pour les véhicules produits en dehors de l’UE, ce qui ouvre la voie à un élargissement des offres venant d’Asie, comme les modèles chinois Jaecoo-Omoda ou BYD, qui connaissent des succès commerciaux croissants.

Essence et diesel poursuivent leur déclin
Avec un prix au litre qui dépasse souvent les 2€ à la pompe, les automobilistes européens tournent de plus en plus le dos aux modèles thermiques. Essence et diesel sont en chute au premier semestre : – 17,2 % pour les immatriculations essence, – 16,5 % pour les immatriculations diesel. En part de marché, les véhicules essence représentent 22,2 %, tandis que les diesel tombent à 7,5 % du marché européen.
Au-delà du simple rebond des immatriculations, ces résultats témoignent d’une mutation profonde du marché automobile européen. L’électrification n’est plus seulement portée par le véhicule 100 % électrique : elle repose désormais sur un équilibre entre plusieurs technologies, avec une domination nette de l’hybride et une montée en puissance continue des modèles électriques à batterie.

Quels constructeurs en profitent ?
Dans le détail des chiffres par groupes automobiles, sans surprise, les constructeurs chinois s’affichent en pleine expansion, sachant qu’ils partent évidemment de très bas. Par exemple, Chery Automobile gagne 305 % (passant de 38 000 à 155 000 unités vendues) ou Leapmotor qui passe de 8 000 à 55 000 modèles écoulés, soit une hausse de plus de 550 %. BYD progresse de 145 % avec plus de 174 000 immatriculations enregistrées, tandis que le groupe Geely (Geely Cars, Lotus, Volvo…) gagne 8,5 % avec 225 000 voitures livrées.
Du côté des constructeurs historiques, les ventes du premier semestre affichent des augmentations plus légères : Volkswagen Group (+ 2,1%), Stellantis (+ 5,3 %), BMW (+ 5,1 %) et Mercedes (+ 3,2 %). Renault Group enregistre une baisse de 3,5 %, tout comme Hyundai (- 0,8 %) ou Ford (-15,2 %). Tesla, dont les ventes reposent toujours sur les seuls deux best-sellers Model Y et Model 3, reste en forme : + 54,6 % avec 170 351 exemplaires immatriculés.












