NewsPublié le 21/08/2026
5 min

Parc automobile français : l’électrification gagne lentement du terrain

Le parc automobile français continue de vieillir, d’après les dernières données publiées par le service des données et des études statistiques (SDES). Au 1er janvier 2026, les voitures particulières en circulation affichent un âge moyen de 11,8 ans, contre 11,4 ans un an auparavant. Il s’agit d’un record qui illustre les difficultés du marché automobile entre la baisse des ventes de véhicules neufs, la hausse des prix et une transition énergétique incomplète.
Bien que les immatriculations de VE augmentent ces derniers mois, l’électrification du parc progresse lentement et il faudra des décennies pour voir circuler uniquement des électriques sur nos routes.

Réalité économique face au besoin de renouvellement

En 2025, dernière année observée et analysée par le Service des données et études statistiques (SDES), 40 millions de voitures circulaient sur les routes françaises. Il s’agit d’une progression limitée de 0,4 % sur un an. Cette légère hausse peut paraître paradoxale alors que les immatriculations de voitures neuves ont reculé de 5,2 % dans le même temps. Cela signifie en réalité que les automobilistes conservent leur véhicule plus longtemps, car ils ont besoin de rouler pour se déplacer et ce, malgré des dépenses liées au vieillissement et à l’usure de leur voiture (entretien, pièces mécaniques, réparations, surconsommation de carburant, contre-visite pour CT…).

Le diesel sous la barre symbolique des 50 %

Tournant historique, pour la première fois les voitures diesel représentent moins de la moitié du parc roulant français. Au 1er janvier 2026, elles comptent pour 46,1 % des véhicules en circulation. Longtemps ultra-dominant sur le marché national, le gazole poursuit sa chute amorcée il y a près de dix ans. Les motorisations essence demeurent majoritaires au sein des véhicules thermiques. Sans surprise, les technologies électrifiées poursuivent leur montée en puissance.

Hybrides et électriques : moins de 7% du parc

Les hybrides non rechargeables (HEV) représentent désormais 7,4 % du parc (contre 5,3 % un an plus tôt) pour les seules versions essence hybrides. Quant aux voitures 100 % électriques (BEV), elles atteignaient au début de 2026, 3,5 % du parc automobile français. En y ajoutant les hybrides rechargeables PHEV (2 %) et les modèles GPL (1 %), les motorisations alternatives représentent désormais 6,5 % des voitures en circulation, autrement dit moins d’un véhicule sur 10.

Si ces chiffres soulignent une progression des modèles participant à la transition énergétique (BEV, HEV, PHEV…), ils rappellent aussi l’inertie du renouvellement du parc. Bien que les voitures électriques représentent près d’une immatriculation sur cinq en 2025, elles demeurent encore très minoritaires sur les routes françaises car les propriétaires allongent la durée de vie de leurs véhicules thermiques avant de passer à une autre motorisation.

Les Français roulent moins

Autre tendance qui se confirme : les automobilistes parcourent chaque année un peu moins de kilomètres. En 2025, le kilométrage annuel moyen s’établit à 11 600 kilomètres par voiture, soit une baisse de 1 % sur un an. Depuis 2019, avant la pandémie de Covid-19, le recul atteint 7,3 %, et près de 10 % sur une quinzaine d’années.

Au total, les voitures françaises ont parcouru légèrement moins de kilomètres en 2025 (-0,3 %), confirmant une évolution de fond liée au développement du télétravail, aux changements des habitudes de mobilité et à la hausse du coût d’utilisation des véhicules.

Les voitures électriques toujours plus lourdes

Statistique moins surprenante : le poids des voitures électriques est de plus en plus important, avec une hausse moyenne de 1,9 % entre 2025 et 2026. Cette évolution s’explique par l’arrivée de modèles plus imposants (SUV, grands SUVs…) dotés de technologies sophistiquées (capteurs, radars, moteurs intégrés, écrans) et surtout de batteries de plus grande capacité afin d’offrir des autonomies toujours plus élevées. Cette tendance a débuté il y a dix ans : le poids moyen des voitures électriques et hybrides rechargeables progresse de près de 2 % par an. Alors que les modèles essence grossissent beaucoup moins.

La mise au rebut retardée au maximum

Le vieillissement du parc se confirme au moment de la mise au rebut. En 2025, les voitures envoyées à la destruction avaient en moyenne 20 ans. Les modèles diesel étaient réformés après 19,4 ans de service contre 21,5 ans pour les véhicules essence.

Le kilométrage moyen enregistré lors du dernier contrôle technique atteint 212 000 kilomètres (239 000 km pour les diesels, 162 000 pour les essence). Le nombre de modèles électriques envoyés à la casse reste encore marginal, mais la filière du recyclage et de l’économie circulaire se structure notamment autour des grands groupes (Renault, Stellantis, VW…) et une bonne partie des éléments valorisables d’un VE (batterie, métaux précieux…) pourront connaître une seconde vie dans une automobile ou ailleurs dans l’industrie.

La transition avance… lentement

En résumé, ces chiffres illustrent les paradoxes de la transition automobile française. D’un côté, les ventes de véhicules électriques poursuivent leur progression et le diesel perd progressivement son statut de motorisation dominante. De l’autre, le vieillissement continu du parc ralentit mécaniquement le renouvellement et la percée de nouvelles technologies plus vertueuses.

De nombreux ménages repoussent le remplacement de leur véhicule, en raison d’un contexte économique tendu et du coût élevé des modèles neufs (thermiques ou électriques).

Dans ce contexte, la décarbonation du parc automobile français devrait continuer de progresser au cours des prochaines années, mais à un rythme plus lent que celui observé sur le marché des véhicules neufs. Le renouvellement des 40 millions de voitures actuellement en circulation restera donc un processus de long terme, qui se compte davantage en décennies qu’en années.

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