La crise énergétique rattrape de plein fouet le modèle des VTC. Face à l’envolée des prix du carburant depuis le début des conflits au Moyen-Orient, Uber déploie un plan d’urgence en France : baisse des tarifs, réduction de ses commissions et nouvelles aides pour accélérer le passage à l’électrique. Derrière ces annonces, l’objectif de la firme américaine est de maintenir l’activité des chauffeurs dans un contexte où leurs coûts explosent.

Une crise du carburant qui fragilise tout le secteur
Le métier de chauffeur VTC est souvent considéré comme précaire, mais maintenant c’est d’autant plus réel. En effet, depuis plusieurs semaines, la flambée des prix à la pompe est réelle. Nul n’est sans savoir que cette augmentation est liée aux tensions géopolitiques du Moyen-Orient, désormais le litre dépasse les 2 euros ce qui pèse directement sur les revenus des chauffeurs.
Pour les quelque 30 000 VTC actifs sur les plateformes de VTC en France (Uber, Heetch, Bolt), l’impact est immédiat. Les conducteurs roulant en thermique voient leurs charges augmenter brutalement, mais aussi leur temps de travail se dégrader : attentes plus longues en station-service donc moins de courses réalisées ce qui amène a une rentabilité en baisse.

Uber mise sur une baisse de 30 % des tarifs pour relancer la demande
Tout récemment, le géant américain du VTC a annoncé plusieurs actions pour répondre à ces problèmes. La première est de jouer sur les prix pour stimuler l’activité. En effet, Uber annonce une baisse de 30 % des tarifs sur son offre de trajets partagés Uber X Share. Une mesure présentée comme temporaire.
L’idée est simple : attirer davantage de clients pour compenser la baisse de rentabilité des chauffeurs. Et le levier existe déjà. Depuis début mars, ces courses partagées ont bondi de 54 %, preuve d’un fort intérêt pour les trajets moins chers dans un contexte inflationniste. Autrement dit, Uber cherche à compenser des marges sous pression par plus de volume.

Des commissions réduites pour les chauffeurs les plus actifs
En parallèle, la plateforme ajuste aussi son propre modèle. Environ 1 000 chauffeurs parmi les plus actifs vont bénéficier d’une “réduction significative” des frais de service via le programme Uber Pro.
L’objectif est assumé : compenser directement la hausse du carburant pour ceux qui roulent le plus. Une mesure ciblée, qui privilégie les profils les plus dépendants de leur activité VTC.
L’électrique devient une réponse économique, plus seulement écologique
Mais au-delà des mesures d’urgence, Uber accélère surtout sa transformation de fond : sortir du thermique. Il faut savoir que depuis 2022, il n’est plus possible pour les nouveaux chauffeurs de s’enregistrer avec un modèle à motorisation Diesel. La plateforme annonce : “une aide exceptionnelle de 1 500 euros sur la location de véhicules électriques neufs ou d’occasion, et avec kilométrage illimité avec Flexifleet”.
Un levier qui semble déjà produire des effets. Entre février et avril, les demandes d’information pour passer à l’électrique ont augmenté de 60 %, tandis que l’adoption des véhicules électriques a progressé de cinq points.
Cette stratégie s’appuie sur un fonds de 75 millions d’euros, lancé en 2020 et financé en partie par les clients, pour accompagner la transition des chauffeurs.

Une flotte déjà largement électrifiée
Les résultats sont visibles. En quelques années, le parc Uber en France a profondément changé :
- le diesel, qui représentait plus de 85 % des véhicules en 2020, est aujourd’hui tombé sous les 5 % ;
- 93 % des véhicules sont désormais hybrides ou électriques ;
- et environ 25 % sont 100 % électriques.
Dans la même logique, l’entreprise a récemment annoncé le rachat de la flotte parisienne de taxis à hydrogène HysetCo, soit 800 véhicules supplémentaires dans son écosystème.

Ces mesures apparaissent comme une réponse immédiate à la crise du carburant. Mais elles traduisent aussi une évolution plus profonde du modèle Uber. La hausse brutale des prix du pétrole agit comme un accélérateur : elle fragilise le thermique et renforce l’intérêt économique de l’électrique pour les chauffeurs. Reste une question centrale : ces ajustements suffiront-ils si la crise énergétique s’installe dans la durée ?












