ECO MOTORS NEWS a pris le volant de la Ford Capri 100 % électrique Extended Range Premium, dans une teinte Rouge Lucid qui ne passe pas inaperçue. Pendant trois jours, nous l’avons mise à l’épreuve dans des conditions réelles : Paris intra‑muros, le périphérique, autoroute, petites routes d’Île‑de‑France et voies de campagne. Objectif : juger de son comportement, de son habitabilité, de son usage réel… et surtout vérifier si ce SUV coupé électrique tient ses promesses dans la vie de tous les jours

Un design affirmé… mais au physique contrasté
Au premier regard, on s’en rend compte, la Capri électrique est fondée avec des proportions propres à celles d’un vrai SUV compact. En effet, avec une longueur d’environ 4,63 m, une largeur de 1,95 m et une hauteur d’environ 1,63 m, elle en impose. La couleur Rouge Lucid que nous avons essayée met particulièrement bien en valeur ses volumes et ses courbes.
La face avant, typique d’un véhicule électrique, est pleine et fermée, sans grande calandre thermique, ce qui lui donne une allure moderne, mais aussi un peu massive et, à notre goût, peut‑être trop lourde visuellement pour ce qu’elle revendique : un coupé sportif. Les projecteurs LED fins, reliés par une signature lumineuse horizontale, donnent une touche technologique appréciable.
De profil, c’est vraiment le fastback qui attire l’œil : une ligne de toit qui descend progressivement vers un hayon très incliné, renforçant la sensation de coupé surélevé plutôt que de simple SUV familial.

À l’arrière, on retrouve également une forte identité lumineuse avec le bandeau lumineux large qui apporte, il est vrai, une vraie cohérence à l’ensemble.
Esthétiquement, c’est globalement réussi, même si l’avant manque un peu de légèreté pour totalement convaincre dans l’esprit sportif revendiqué.
À bord : sobriété épurée, confort bien pensé mais une qualité moyenne
L’habitacle de la Capri affiche une philosophie très minimaliste et numérique. Une fois installé, l’ambiance générale est lumineuse et dégagée, renforcée par une ergonomie volontairement simple. La qualité des matériaux est moyenne : beaucoup de plastique dur cohabitent avec des parties de l’habitacle équipées d’un revêtement cuir.
Les assises sont, quant à elles, très confortables. Sur notre version, les sièges avant étaient chauffants, à l’instar du volant, un vrai plus qui fait la différence.
On ne trouve presque aucun bouton physique traditionnel : tout passe par le grand écran central vertical de 14,6 pouces, qui regroupe les fonctions essentielles. Cet écran, qui est la partie centrale du véhicule, est amovible et peut être ajusté selon ta position de conduite.

Cette approche allégée de l’intérieur est appréciable si l’on aime la sobriété technologique : l’écran central pivotant est une idée astucieuse qui évite la surcharge visuelle. Le fait qu’il soit amovible et permette de libérer un espace de rangement où brancher un téléphone est une petite trouvaille pratique que j’ai personnellement appréciée.
Cependant, tout n’est pas impeccable. L’interface logicielle et l’ergonomie du système d’exploitation m’ont déçu : l’ensemble manque d’intuitivité, et la connexion à Apple CarPlay a été laborieuse, ce qui est dommage pour un véhicule aussi orienté technologie.
Derrière le volant, l’écran digital qui sert d’instrumentation est clair et bien lisible, mais ne révolutionne pas la manière de consulter l’information. Les boutons « digitaux » intégrés au volant sont esthétiques et originaux, mais leur sensibilité est parfois trop élevée — j’ai eu le cas de commandes activées par inadvertance lors de manœuvres, ce qui peut devenir irritant.
Autre choix ergonomique surprenant : la gestion des vitres arrière. Seuls deux boutons à l’avant contrôlent l’ensemble des vitres, et il faut activer un mode « rear » pour basculer entre avant et arrière. Une logique qui demande un temps d’adaptation mais qui m’a vraiment plu de par son originalité. Rassurez‑vous, les passagers derrière disposent bien sûr de leurs propres commandes.
Globalement, l’intérieur est bien pensé et surtout original. On retrouve de nombreux rangements dans la partie centrale de l’avant du véhicule, deux lieux de recharge à induction, bref l’essentiel pour voyager efficacement.
À l’arrière : un espace généreux et pratique
Grâce à un empattement généreux de 2,77 m, l’espace à l’arrière n’est pas en reste. Que ce soit pour des enfants ou des adultes de taille normale, les places arrière offrent un confort plus que correct pour des trajets de moyenne durée.
La Capri ajoute même une trappe à ski intégrée au siège du milieu, transformable en repose‑verres, un détail malin particulièrement utile lors de longs trajets ou pour transporter des skis sans perdre d’espace utile.

Côté coffre, c’est l’un des points forts pratiques de la Capri. En effet, avec plus de 570 litres en configuration standard et plus de 1 500 litres une fois les sièges rabattus, il offre une capacité généreuse pour un SUV compact coupé.
Petit point de vue personnel, mais je trouve que l’ouverture du coffre est esthétiquement jolie. Évidemment, elle est également agréable et suffisamment large pour manipuler bagages, sacs ou matériel facilement.
Conduite : douceur, fluidité et personnalité propre
Dès les premiers kilomètres, la Capri impressionne par sa fluidité de conduite. En ville, le silence règne, la direction est précise et la sensation est très agréable. En revanche, la visibilité avant est parfois gênée par un rétroviseur central volumineux qui envahit le champ de vision. À certains feux tricolores, il a fallu se pencher légèrement pour distinguer correctement l’état du feu, un petit détail qui nous a parfois dérangés.

Sur voies rapides et autoroutes, le comportement est plaisant. Les sièges confortables, associés à un châssis qui absorbe bien les imperfections, permettent d’enchaîner les kilomètres sans fatigue excessive. Et les modes de conduite servent à ce confort de conduite… en mode Sport, la Capri gagne en vivacité : les dépassements et insertions se font sans stress, avec une réelle sérénité.
Dans les virages serrés ou à vitesse soutenue, on ressent le poids du véhicule, qui reste toutefois bien plaqué au sol. Il y a un léger roulis perceptible, mais rien de rédhibitoire une fois qu’on s’est habitué à son gabarit.
Technique & autonomie : une proposition sérieuse
Sous le capot, la Capri Extended Range embarque un moteur électrique d’environ 210 kW (286 ch) associé à un couple de 545 Nm, ce qui lui permet un 0 à 100 km/h en environ 6,4 secondes et une vitesse maximale de 180 km/h.
Sa batterie a une capacité utile d’environ 77 kWh, et l’autonomie WLTP peut atteindre jusqu’à 627 km en usage mixte lorsque la batterie est pleinement chargée. À l’usage, cette autonomie généreuse se traduit par une réelle tranquillité de conduite sur longs trajets, même si elle varie logiquement selon le style de conduite et le type de route.
La recharge est bien pensée : jusqu’à 11 kW en AC pour la recharge à domicile, et jusqu’à 135 kW en DC rapide, ce qui permet de passer de 10 à 80 % en environ 28 minutes sur une borne adaptée.
Aides à la conduite : utiles mais à apprivoiser
On l’a dit, c’est une voiture qui est très bien équipée technologiquement, et à ce petit jeu, elle ne néglige pas les systèmes d’assistance. Le régulateur adaptatif, le maintien de voie, la détection d’angle mort ou encore les caméras multi‑angles sont tous présents et fonctionnent de manière utile au quotidien. La caméra arrière s’oriente en fonction de la direction du volant, ce qui facilite réellement les manœuvres et nous a fait oublier sa grande largeur. L’affichage tête haute, bien pensé, apporte un vrai confort visuel, que l’on soit en ville ou sur autoroute.
Certaines aides peuvent sembler un peu intrusives au début, mais leur désactivation est simple quand on préfère une conduite plus classique.
Une Capri électrique généreuse, fluide… avec quelques compromis
La Ford Capri 100 % électrique Extended Range s’impose comme une proposition solide dans le segment des SUV électriques compacts. Elle séduit par sa fluidité de conduite, son habitabilité convaincante, son coffre généreux et son autonomie rassurante. Le mode Sport apporte de la vivacité, et les aides à la conduite, bien pensées, facilitent le quotidien.

Cependant, certains compromis se font sentir. La visibilité avant n’est pas optimale, l’interface de l’écran est peu intuitive, et les boutons digitaux du volant, trop sensibles.
La Capri est une voiture cohérente et agréable à vivre, qui allie confort, style et polyvalence. Elle ne cherche pas à épater par des performances extrêmes ou un luxe ostentatoire, mais réussit à offrir un SUV coupé électrique pratique, dynamique et plaisant au quotidien, fidèle à son identité.


















