Tandis que l’Europe peine à maîtriser sa propre réglementation, la Chine continue de gagner du terrain grâce à son approche pragmatique des changements. Ceci illustre bien la situation de l’industrie automobile sur les deux marchés et la manière dont ils l’abordent selon deux perspectives opposées.
La transition vers des énergies plus propres dans les transports, le développement de nouvelles technologies et les tensions commerciales constituent les trois principaux défis auxquels l’industrie automobile actuelle est confrontée. Après plus d’un siècle d’histoire, nous assistons aujourd’hui à une transformation radicale de nos modes d’achat et d’utilisation des voitures.

La réglementation devient-elle un atout ou un obstacle ?
La Chine et l’Europe souhaitent toutes deux réduire leurs émissions dans les années à venir.

La différence réside dans la manière d’atteindre cet objectif. D’un côté, l’Union européenne s’est engagée juridiquement à atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. Pour ce faire, elle prévoit de réduire ses émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990. L’un des moyens d’y parvenir est de favoriser l’adoption des véhicules électriques.

Cette transition doit s’effectuer sous un régime de sanctions sévères, les constructeurs automobiles qui ne respectent pas les objectifs devant verser des amendes aux autorités. Au lieu d’avoir un impact positif, cette réglementation devient un véritable cauchemar pour tous les constructeurs automobiles opérant en Europe. Ils doivent investir massivement dans les technologies de motorisation zéro émission sans aucune certitude quant à l’achat de ces véhicules par les consommateurs.

Parallèlement, ils sont contraints d’abandonner la production de voitures à moteur thermique, leur principale source de revenus.
De l’autre côté, la Chine ambitionne d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2060, avec un objectif de réduction des émissions de l’ensemble de son économie de 10 % par rapport aux niveaux de pointe d’ici 2035. Le gouvernement chinois souhaite promouvoir l’adoption des véhicules à énergies nouvelles (VEN) afin de parvenir à une réduction de 91 % des émissions des voitures particulières à long terme.

La principale différence réside dans le rôle des autorités de réglementation et des constructeurs automobiles au sein de l’économie. En Chine, les VEN sont essentiels à la future expansion économique du pays. Les constructeurs savent qu’ils ne disposent d’aucun avantage concurrentiel avec les voitures à moteur thermique, mais avec les véhicules à faibles émissions. C’est pourquoi les gouvernements central et locaux accordent de nombreuses incitations, un soutien et des subventions aux constructeurs automobiles.

En Europe, les incitations publiques sont également présentes, mais les sanctions constituent l’élément essentiel de la réglementation. Les constructeurs automobiles européens accélèrent leurs programmes d’électrification car ils ne souhaitent pas payer d’amendes. Au lieu de faciliter la transition, la réglementation européenne la complexifie.













