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ExpertisesPublié le 11/06/2026
3 min

Quel avenir pour la voiture électrique en Europe ?

La question paraît inopportune au moment où les voitures thermiques endurent des baisses de ventes significatives et les prix des carburants sont au plus haut : les modèles électriques constituent-ils réellement et durablement le futur de la mobilité ? La réponse se veut plus nuancée que ne le laisse penser l’évidence

Popularité croissante

C’est une grande inconnue. J’ai récemment participé, en tant que conférencier, à un événement consacré à la situation de la voiture électrique et à sa popularité croissante. Une des questions du public portait sur les cinq prochaines années et le rôle de chaque motorisation. Ma réponse : chacune aura son importance.

On entend parler de la transition vers les véhicules électriques depuis une dizaine d’années. Le scandale du Dieselgate en 2015 n’a fait qu’accélérer la nécessité de conduire des voitures « propres ». La réglementation est venue s’y ajouter et la transition énergétique est rapidement devenue un sujet à la mode dans l’industrie automobile.

Alors que les voitures à moteur thermique semblaient moins engagées dans la réduction des émissions, beaucoup se sont tournés vers les voitures électriques. La réalité est aujourd’hui bien différente. Heureusement, elles ne seront pas les seules.

Seulement, une voiture sur 3 dans le monde est électrique

En mai 2026, on comptait environ 1 800 modèles de voitures différents disponibles dans le monde. Les modèles entièrement électriques en représentaient un tiers. En résumé, parmi toutes les voitures neuves disponibles aujourd’hui, un tiers est équipé d’une motorisation 100 % électrique. C’est un avantage certain du point de vue de l’offre : les consommateurs ont désormais plus de choix.

La plupart de ces voitures sont arrivées après des années de planification produit qui ont concentré l’attention et les ressources sur la transition.

Jusqu’en 2024, il était quasiment indispensable pour un constructeur automobile de consacrer davantage d’argent au développement des voitures électriques qu’à tout autre projet. Comme le montrait la Chine, la transition était possible car les consommateurs souhaitaient ces voitures.

Transition en manque de souffle

Mais cette transition rapide s’est essoufflée et il est vite apparu qu’elle prenait plus de temps que prévu. C’est pourquoi je pense que l’avenir de la voiture électrique en Europe est étroitement lié à celui des autres technologies. L’industrie a compris qu’elle ne peut pas se reposer sur une seule motorisation pour assurer sa pérennité.

Les voitures hybrides (HEV), hybrides rechargeables (PHEV), hybrides légères (MHEV), essence, 100 % électriques (EV), à autonomie étendue (EREV) et même à hydrogène devraient faire partie intégrante du paysage automobile au cours des cinq prochaines années. L’industrie automobile comprend qu’il est trop risqué de miser sur une technologie unique.

Un éco-système à consolider

C’est pourquoi, même si la voiture électrique devrait devenir plus abordable (moins

chère) dans les années à venir, elle ne sera pas le seul choix offert aux consommateurs européens. L’écosystème autour des véhicules électriques à batterie (BEV) aura besoin de plus de temps pour se développer pleinement, tandis que les constructeurs automobiles européens auront besoin de plus de temps pour proposer des voitures électriques réellement abordables.

L’avenir est prometteur pour les voitures électriques en Europe. Mais contrairement à ce que l’on pensait il y a quelques années, elles ne seront pas exclusives et les autres technologies continueront de jouer leur rôle. C’est une bonne chose pour les consommateurs.

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