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ExpertisesPublié le 20/03/2026
6 min

Toyota, le roi de l’hybride mise sur une stratégie multi-technologies

A l’occasion du lancement du nouveau C-HR +, son SUV compact à succès désormais 100 % électrique, Toyota rattrape son « retard à l’allumage » sur le marché des VE. Prudent, le premier constructeur mondial adopte une stratégie multi-énergies en développant plusieurs technologies, adaptées selon ses marchés. Ce plan lui permet de rester présent et puissant partout dans le monde, renforce sa réputation de fiabilité, tout en conservant son expertise dans l’hybridation et l’innovation avec l’hydrogène. 

source : Toyota

C-HR+, la deuxième offre électrique de Toyota pour les particuliers 

Quelques mois après la mise à jour de son SUV familial électrique bZ4X (pour Beyond Zero 4 Cross), Toyota convertit son best-seller le C-HR+ (ou C-HR « BEV ») à l’électricité. Ce SUV de 4,53 m est disponible en 2 ou 4 roues motrices avec deux capacités de batteries (58 ou 77 kWh) ce qui lui octroie jusqu’à 607 km d’autonomie en cycle WLTP. La fiche technique indique trois niveaux de puissance : 167, 224 ou 343 ch. Le style et la qualité de finition sont soignés et devraient intéresser de potentiels clients européens, d’autant que son prix de départ (à partir de 39 600 €) le positionne dans la course avec ses rivaux chinois plus avancés. Toyota a pris son temps pour le lancer mais le C-HR+ constitue la tête d’affiche d’une gamme électrique qui va s’élargir dans les prochains mois (14 modèles prévus d’ici 2027).

De l’électrique « Made in Japan »

Si Toyota se montrait discret jusqu’à présent sur le marché de l’électrique, c’est d’abord parce que le groupe préfère développer ses propres outils industriels, sans s’associer aux constructeurs chinois. Ainsi ont été créées une plate-forme spécifique e-TNGA (electric Toyota New Global Architecture), une unité de puissance e-Axle (qui réunit moteur, boîte et onduleur) fournit par le japonais Aisin et des batteries lithium-ion de PPES (Prime Planet Energy & Solutions), issues du partenariat entre Panasonic et Toyota. Le C-HR+ (tout comme le SUV bZ4X) est fabriqué au Japon, dont la qualité de production et réputation de fiabilité n’est plus à démontrer, ce qui doit convaincre les clients hésitant à franchir le pas de l’électrification.

source : Toyota

2025, année record en Europe

Cette entrée en douceur sur le marché électrique (BEV) vient s’ajouter aux autres atouts du géant nippon, à savoir une stratégie multi-technologies planifiée : les motorisations hybrides et hybrides rechargeables sont privilégiées à court terme, en attendant la montée en puissance des ventes d’électrique puis un mix électrique-hydrogène à plus longue échéance.

Grâce à son expertise technique, Toyota peut donc se permettre de poursuivre le développement simultané des hybrides (HEV), hybrides rechargeables (PHEV) et véhicules à hydrogène (pile à combustible FCEV). Sans délaisser les moteurs thermiques qui équipent ses grands 4×4 comme le Land Cruiser, très populaires en Amérique ou Afrique.

Car pour rester premier constructeur mondial, le Groupe Toyota s’adapte à tous les marchés dont la demande est très diverse. En 2025, Toyota a vendu 11,3 M de véhicules dans le monde (+ 4,6 % vs 2024). L’Europe signe une année record avec 1,2 M de ventes dont les trois quarts sont électrifiées. Ces chiffres valident cette stratégie multi-énergies, car les besoins évoluent selon les infrastructures de recharge, prix de l’électricité, normes environnementales locales et matières premières disponibles.

source : Toyota

Batteries solides, prochaine « r-évolution » électrique chez Toyota

Lors du dernier salon de Tokyo en 2025, Toyota a affirmé qu’un prochain véhicule de série embarquera des batteries « solides » (solid state) d’ici quelques mois. Encore à l’état de prototype, cette technologie de chimie s’annonce révolutionnaire avec des packs légers, compacts et capables d’offrir une densité énergétique bien supérieure aux batteries lithium actuelles. L’autonomie pourrait tripler, jusqu’à 1200 km avec une seule charge. Cette promesse qui reste encore à découvrir à bord d’une voiture réelle, montre que le géant japonais avance à son rythme, suivant sa feuille de route et se soucie peu de ses concurrents.

Toyota au salon de Tokyo 2025 – source : Le Journal De l’Automobile

L’hybride, toujours en pointe chez Toyota

Depuis le lancement de la Prius en 1997, Toyota a produit plus de 25M de voitures hybrides dans le monde. Cette technologie innovante qui associe une double motorisation essence et électrique équipe désormais tous types de modèles : de la petite Yaris HSD aux Lexus RX, LS ou ES en passant par le RAV 4, la Corolla et bientôt la mini-citadine Aygo X. En Europe, la fiabilité et la simplicité d’utilisation de cette technologie ont rapidement convaincu les automobilistes qui réalisent de belles économies de carburant (autour de 3,3L/100 pour une berline compacte comme la Corolla hybride). 

La 5e génération de Prius est désormais hybride rechargeable et voit sa consommation mixte moyenne diminuer à 0,7 L/100 en cycle WLTP. Et lorsque sa batterie est complètement déchargée, la Prius fonctionne comme un full hybrid économe en carburant, ce qui n’est pas le cas de ses rivales. De quoi satisfaire aux exigences réglementaires de l’UE. Si ses parts de marché en hybride rechargeable restent modestes, le groupe japonais montre qu’il est capable d’accentuer ses efforts vers la neutralité carbone.

Autre preuve de sa souplesse d’adaptation aux marchés, Toyota a mis au point un moteur hybride flexfuel, spécifiquement pour l’Amérique latine, qui accepte l’essence et le superéthanol E85, très populaire au Brésil notamment.

source : Toyota

 

L’hydrogène, énergie de demain : Toyota y croit

A la différence de ses concurrents, Toyota ne croit pas à la solution unique pour décarboner et travaille sur l’hydrogène depuis de longues années. L’H2 qui alimente une pile à combustible représente une alternative crédible et zéro émission notamment pour le transport routier, les bus ou les flottes d’entreprises. La berline Mirai munie d’une pile de 3e génération plus compacte et efficiente connaît pourtant une carrière difficile auprès des particuliers en raison de son prix (73 000 €) et surtout du manque de points de charge en hydrogène. 

source : Toyota

C’est donc tout l’écosystème de la filière  hydrogène que Toyota veut inventer avec le projet TOKYO H2, né en septembre 2025 dans la capitale japonaise : parc roulant (taxis, automobiles, bus), stations de distribution à travers la ville, infrastructures et production d’hydrogène. Une flotte de 600 taxis Crown H2 devraient d’abord circuler d’ici 2030 dans les rues de Tokyo, qui deviendra un laboratoire grandeur nature pour perfectionner cette technologie en constant développement et sensibiliser le public à cette nouvelle énergie propre. Conçu comme un Hub, cette ville-pilote pourra se déployer ailleurs dans le monde et continuer de marquer l’empreinte de Toyota. 

source : Toyota

Le leader mondial n’a donc pas fini sa conquête « multi-technologies » à travers les 170 pays où il est présent.

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