Le constructeur américain Dodge, qui appartient à Stellantis, annonce le retour de la Charger sur les marchés européens. Alors que le modèle célèbre son 60e anniversaire, il s’agit de conquérir une nouvelle génération de fidèles avec cette voiture iconique et performante. Pour se conformer aux réglementations, la Charger Daytona suit une stratégie multiénergie et sera disponible en motorisations thermique et électrique. Une muscle car 100% électrique qui ressemble à un pari pour relancer les ventes.

Le retour d’une muscle car iconique
Lancée en 1966, la Dodge Charger s’est rapidement imposée comme l’un des symboles les plus représentatifs de l’âge d’or des muscle cars américains, dans la sillage de la Ford Mustang. Silhouette fastback caractéristique, habitacle orienté vers le conducteur et son retentissant moteur V8, la Charger est devenue un symbole de liberté au fil du temps. Son parcours, assez bref, en Europe avait été interrompu au lendemain du premier choc pétrolier en 1973. Seuls quelques importateurs spécialisés ont continué de livrer leurs clients déterminés à s’offrir le rêve américain. Mais dans une période où la demande des consommateurs faiblit, devant un certain attentisme et face aux offres très agressives venant d’Asie, Stellantis a donc décidé d’exporter de nouveau cette voiture emblématique, en espérant surfer sur la popularité et la légende qu’elle véhicule.

Jusqu’à 670 ch de puissance
Mais Dodge, très implantée aux Etats-Unis, ne pouvait raisonnablement revenir en Europe avec une motorisation thermique, plombée d’avance par le malus écologique (de 80 000 €). C’est donc la Charger 100% électrique qui sera mise en avant, avec son look très proche du muscle car à moteur 6 cylindres en ligne.
Longue de 5,25 m, large de près de 2 m, disponible en 2 ou 4 portes, et un poids de 2,6 T, la Charger Daytona R/T dispose d’une batterie de 100kWh (dont 94 kWh utiles) et 536 ch de puissance. Une autre version, portée à 670 ch, baptisée Scat Pack, est présentée comme la muscle car la plus puissante et la plus rapide du marché. Toutes les Dodge Charger électrique bénéficient de 2 moteurs électriques et d’une transmission intégrale de série. Les performances de la Scat Pack promettent un 0 à 100 km/h en 3,3 s.

Plateforme spéciale haute performance
Au-delà des codes esthétiques qui restent fidèles au style Dodge Charger, la Daytona repose sur la nouvelle plateforme modulaire STLA Large que Stellantis a conçu pour tous les VE haute performance du groupe. Une architecture 400 V qui permet de combiner une puissance élevée, des motorisations différentes, associées à des technologies modernes. Par exemple, le système One-Pedal ou la récupération d’énergie au freinage réglable sur plusieurs niveaux. Pour souligner le côté sportif de cette Charger Daytona électrique, une fonction « boost » octroie 40 ch supplémentaires pendant 10 secondes d’accélération, et un mode « drift » (mais aussi « donut ») de manière à faire glisser plus facilement la voiture. Ou, quand la gestion électronique aux 4 roues permet d’assurer le spectacle, indissociable des voitures sportives US.
A noter que la version thermique R/T reçoit un six-cylindres en ligne nommé “Sixpack” et issu du moteur 3.0 L Hurricane de 420 ch, tandis qu’une déclinaison Scat Pack « SixPack » offrira jusqu’à 550 ch.

En Europe pour relancer la Charger
Si la muscle car de Dodge revient Europe, c’est avant tout pour relancer le modèle dont les ventes sont très ralenties en Amérique du Nord. Moins de 500 exemplaires ont été vendus au premier trimestre 2026, l’année dernière la Charger a été écoulée à moins de 8 000 unités pour les Etats-Unis et le Canada. Des statistiques largement insuffisantes pour cette auto à fort héritage dans la pop-culture (films et séries) et engagée en compétition NHRA (dragster US).
L’arrivée de la version électrique peut-elle tout relancer ? Même si les tarifs n’ont pas encore été communiqués (vraisemblablement autour de 100 000 euros), la Charger Daytona peut trouver sa place sur le marché. En Europe, celle qui se revendique comme la seule sportive électrique américaine, ne connaît pas de réelle concurrente depuis que Tesla a annoncé la fin de production du Model S. Les sportives comme Mercedes AMG-GT, Porsche Taycan ou Denza Z9 GT sont positionnées à des tarifs supérieurs et offrent des prestations plus haut de gamme.













