Connu pour servir de laboratoire technologique auprès des constructeurs, le circuit des 24h du Mans accueille le prototype de Toyota Racing TR LH2, alimenté directement par de l’hydrogène liquide. Plusieurs tours de démonstration sont organisés en ouverture de la célèbre course d’endurance. Toyota prouve ainsi qu’un moteur à combustion hydrogène peut offrir des sensations et performances semblables à celles d’un moteur thermique, tout en limitant les émissions de CO2. A terme, la stratégie de Toyota est de développer l’hydrogène en compétition automobile, mais surtout dans l’industrie, les poids lourds ou véhicules utilitaires

Toyota pionnier sur l’hydrogène
Ce n’est pas encore une catégorie du championnat du monde d’endurance (WEC), mais l’hydrogène a vocation à devenir l’un des carburants du futur de la compétition automobile. Depuis plusieurs années, Toyota s’affirme comme le pionnier de cette technologie complexe mais prometteuse. En ouverture des 24h du Mans, Toyota Racing fera tourner son prototype TR LH2 (version optimisée du concept H2 Racing présenté en 2023) sous les yeux du public, sur le circuit de la Sarthe. Au volant ce jeudi 11 juin, le pilote Kazuki Nakajima, triple vainqueur de l’épreuve. Cette démonstration grandeur nature valide ainsi la stratégie du constructeur japonais qui investit beaucoup sur l’hydrogène, comme carburant qui ne rejète pas de CO2 dans l’atmosphère.

L’hydrogène liquide à très basse température
La technologie développée par Toyota repose sur le même châssis que l’Hypercar TR010 Hybrid engagée dans la course mancelle, sauf que le prototype TR LH2 Racing utilise de l’hydrogène liquide (LH2) stocké à très basse température et brûlé dans un moteur à combustion interne adapté à l’hydrogène, qui remplace donc l’essence. Ce n’est donc pas le fonctionnement d’une pile à combustible (où l’hydrogène gazeux sert à produire de l’électricité pour faire tourner un moteur) comme la Toyota Mirai.
C’est donc une innovation rare dans le sport automobile. A la différence de quelques projets comme l’Alpine Alpenglow utilisant l’hydrogène à l’état gazeux, Toyota parvient à injecter ce carburant directement dans un moteur à combustion. L’avantage de l’hydrogène liquide est sa densité énergétique volumique supérieure à celle de l’hydrogène gazeux comprimé. En clair, ce carburant est plus compact et peut être plus efficacement stocké dans une voiture d’endurance où l’espace est limité. En revanche, l’hydrogène liquide impose des réservoirs cryogéniques (refroidissement à très basse température) complexes et une gestion délicate de l’évaporation.

En développement depuis 2021
Toyota semble avoir trouvé une solution à ces contraintes techniques. Les tours de circuit de la TR LH2 Racing au Mans devraient exposer cette technologie devant le public, avec une attention toute particulière portée sur le son du moteur et ses performances en piste.
Toyota a débuté ses développements autour du moteur à hydrogène en 2021 avec la participation de la Corolla GR H2 Concept, voiture de tourisme, en championnat japonais Super Taikyu. Une GR Yaris H2 a ensuite fait sensation lors de démonstration sur des pistes de rallye. L’adaptation sur une voiture d’endurance date de 2023. Verra-t-on un jour cette technologie en course officielle ? C’est en tout cas le voeu de l’ACO (Automobile Club de l’Ouest) et le projet Mission H24 qui pourraient ouvrir une catégorie hydrogène aux 24h du Mans 2028. Par son absence de rejets de CO2 à l’usage, le moteur à hydrogène figure parmi les solutions futures d’un sport automobile plus vertueux et Toyota est le constructeur le plus avancé dans cette voie. Ce concept TR LH2 vise à explorer les solutions bas-carbone pour la compétition automobile tout en maintenant la passion du sport mécanique.

Pour l’industrie et les poids-lourds
Industriellement, le géant japonais espère produire des déclinaisons de la combustion directe d’hydrogène pour certaines machines-outils, les infrastructures énergétiques, les poids lourds et véhicules utilitaires. La voiture particulière n’est pas encore la priorité au regard du manque d’infrastructure et des difficultés de stockage. Cela passera sans doute par le sport automobile avant de voir les premières applications en grande série sur nos voitures du quotidien. Toyota se montre donc audacieux et ambitieux car ses investissements se concentrent également sur les infrastructures de ravitaillement : vers des stations plus rapides et moins couteuses.













