logo

Aucun article récent

FR |
publicité
ConseilsPublié le 29/01/2026
4 min

La France et le stationnement des véhicules électrifiés

En France, le stationnement des véhicules électriques et hybrides rechargeables est souvent présenté comme un avantage naturel de la transition énergétique. Dans les faits, il s’agit plutôt d’un ensemble de dispositifs largement dépendants des choix faits par les collectivités locales. Pour comprendre comment se stationner aujourd’hui avec un véhicule électrifié, il faut revenir sur les étapes qui ont conduit à cette situation et observer ce qu’il en est dans les grandes villes de l’Hexagone.

source : numerama

Un outil d’incitation avant d’être un cadre uniforme

Les premières mesures apparaissent à la fin des années 2000, à une époque où les véhicules électriques sont encore très rares. Le disque vert, introduit au niveau européen en 2008, permet alors à certaines communes d’accorder une ou deux heures de stationnement gratuit aux véhicules les moins polluants. L’objectif est surtout incitatif et symbolique. Durant les années 2010, ce principe est repris par plusieurs villes françaises, sans coordination nationale, chacune définissant ses propres règles.

source : largus

L’étape importante arrive en 2019 avec la loi d’orientation des mobilités (LOM). Elle ne crée pas de droit automatique à la gratuité, mais elle autorise explicitement les collectivités à exonérer les véhicules électriques et, dans certains cas, les hybrides rechargeables, du stationnement payant. À ce moment-là, le parc électrifié commence à croître, et le stationnement devient un levier concret pour encourager l’adoption de ces véhicules, notamment en milieu urbain dense.

La montée en puissance des règles locales

À partir du début des années 2020, la situation évolue rapidement. La loi Climat et Résilience, adoptée en 2021, renforce les zones à faibles émissions et incite les collectivités à affiner leurs politiques de mobilité. Le stationnement devient progressivement un outil de régulation plus précis, et non plus seulement un avantage général accordé à une catégorie de véhicules.

Dans les grandes métropoles, les véhicules électrifiés sont avantagés, et chacune de celles-ci définit ses propres règles :

Paris
Les résidents bénéficient d’un stationnement gratuit et illimité pour les véhicules électriques de moins de deux tonnes et les hybrides rechargeables émettant moins de 60 g de CO₂/km, sous réserve d’une carte « basse émission ». Les visiteurs disposent de 2 h 30 gratuites par jour. Depuis octobre 2024, les véhicules électriques lourds et certains hybrides sont soumis à des tarifs fortement majorés, pouvant atteindre 18 euros de l’heure en centre-ville.

Lyon
Lyon privilégie les abonnements plutôt que la gratuité. Les résidents en véhicule électrique ou hybride rechargeable bénéficient d’un tarif annuel réduit, tandis que les visiteurs restent soumis au stationnement payant classique. La politique repose principalement sur la classification Crit’Air.

Marseille
Les véhicules électriques Crit’Air 0 peuvent stationner gratuitement jusqu’à deux heures par jour sur voirie payante grâce au disque vert. Les hybrides rechargeables sont éligibles sous conditions d’émissions. La ville n’accorde pas d’avantage résidentiel spécifique et a durci ses règles depuis 2023.

Lille
À Lille, les véhicules électriques et hybrides Crit’Air 1 bénéficient de deux heures gratuites quotidiennes sur le stationnement payant. Les résidents peuvent accéder à un abonnement annuel à tarif réduit, dans le cadre du déploiement de la ZFE.

Toulouse et Nice
Toulouse accorde une gratuité limitée, généralement comprise entre une et deux heures pour les véhicules électriques, avec des restrictions pour les hybrides. Nice permet jusqu’à deux heures gratuites par jour pour les véhicules électriques, sous conditions administratives, via le disque vert.

Le poids, nouveau critère déterminant

Depuis 2024, certaines villes ont introduit un critère jusqu’alors absent des politiques de stationnement : la masse du véhicule. Paris a été la première à formaliser cette approche, en réservant les avantages les plus larges aux véhicules électriques de moins de deux tonnes. Les modèles plus lourds, souvent des SUV électriques, sont désormais soumis à des tarifs nettement plus élevés. Bordeaux s’inscrit dans une logique similaire avec l’instauration, à partir de 2025, d’une majoration tarifaire pour les véhicules dépassant 1,9 tonne.

Stationner pendant la recharge : une situation à part

Autre situation fréquente pour les conducteurs de véhicules électrifiés : le stationnement sur une place équipée d’une borne de recharge. Dans la majorité des villes, le stationnement est autorisé gratuitement pendant la durée de la recharge, mais cette autorisation est strictement limitée dans le temps. Les durées maximales se situent généralement autour de cinq heures. Au-delà, le véhicule est considéré comme en stationnement classique, et des sanctions peuvent s’appliquer.

Cette règle, encore mal comprise, vise à éviter que les places de recharge ne deviennent des places de stationnement de longue durée.

Une lecture devenue indispensable pour les automobilistes

Aujourd’hui, se stationner avec un véhicule électrifié en France suppose de prendre en compte plusieurs paramètres : la ville concernée, le type de motorisation, le niveau d’émissions pour les hybrides, le poids du véhicule. Ce système peut sembler complexe, mais il répond à une logique claire : accompagner la transition tant que les véhicules électriques sont minoritaires.

Partager :
publicité
publicité
Image du carouselImage du carouselImage du carouselImage du carouselImage du carousel