Une nouvelle marque venue de Chine débarque en France cet été : Linktour. Son modèle de quadricycle à moteur électrique se veut plus confortable, plus spacieux et plus technologique. En clair, l’Alumi veut s’approcher de l’expérience de conduite d’une voiture classique. Le défi est ambitieux mais le public pourrait être séduit par cette micro-voiture sans permis face aux stars de Stellantis Citroën AMI et Fiat Topolino.

Les microcitadines, catégorie en plein boom
Le segment des microcitadines connaît un engouement spectaculaire depuis quelques années, porté par le duo de Stellantis : Citroën AMI et Fiat Topolino. Pour ces quadricycles légers (catégorie L6e, les « voitures sans permis »), le marché européen est passé de 27 000 immatriculations en 2019 à près de 64 000 en 2024 (+ 137% en 5 ans). Même tendance en France, où le marché a plus que doublé sur la même période (29 000 exemplaires vendus en 2024).

C’est notamment l’électrification qui a permis cet envol : 3/4 des modèles vendus sont électriques. Ces petites voitures sans permis font le bonheur des jeunes qui peuvent en prendre le volant dès l’âge de 14 ans. Mais les potentiels de croissance sont larges : autopartage, 2e voiture pour les ménages urbains, véhicule pour séniors ou dans les zones mal desservies par les transports en commun.

Montée en gamme
D’un segment de niche, les microcitadines sont donc en passe de devenir une réponse de mobilité en phase avec les attentes et les usages, à condition de conserver des prix accessibles. Face à la domination des modèles Citroën, Fiat ou Microlino, une nouvelle marque venue de Chine tente de s’implanter en France cet été : l’Alumi de Linktour. Cette microcitadine de la catégorie L6e (sans permis) ou L7e (permis B1) entend offrir une montée en gamme en terme de design, de confort et de technologie. Eco Motors News a pris en main la version L6e Alumi Pro, de niveau d’équipement intermédiaire.

Design innovant
Le design très géométrique de cette microcitadine présente un style original avec une pointe d’avant-gardisme dans la signature lumineuse (feux LED de jour et feux arrières) et des jantes de 13 ou 14 pouces. Son format cubique attire l’oeil et intrigue les passants. Les teintes de carrosserie vont de blanc lune à vert boréal ou noir étoilé et gris roche. Des couleurs plus discrètes que ne l’est son look futuriste.

Accueil flatteur
La première impression vient de l’ouverture de la portière, étonnamment lourde et consistante. On entre dans une vraie voiture, à la différence des microcitadines dont la coque plastique se montre un peu trop légère. La carrosserie de l’Alumi est entièrement en aluminium et le toit panoramique (de série) offre une sensation de luminosité appréciable. La position de conduite est satisfaisante et l’aménagement de la planche de bord se veut simple mais ergonomique. La navigation sur l’écran tactile (un peu lent) permet de piloter la climatisation, la radio et les applications Apple Car Play ou Android Auto (connectables sans fil).

Derrière le volant, un combiné d’instrumentation donne les informations de conduite indispensables (vitesse, réserve d’énergie…). Si la qualité des matériaux à bord reste très rustique avec une majorité de plastiques durs, l’ensemble est cohérent, bien dessiné et bien doté (prise USB-C, vide-poches sous pare-brise, habillage tissu des sièges), ce qui se distingue des modèles concurrents très dépouillés. A noter la capacité du coffre (320 L) qui permet de loger deux valises cabine et le câble de recharge (2kW sur prise domestique ou borne publique).

Châssis rassurant
Quelques tours de roues dans Paris permettent de confirmer l’impression visuelle de départ. L’Alumi se comporte comme une vraie petite voiture avec un châssis rigide et rassurant qui limite les mouvements de caisse. Ce châssis intègre directement la batterie LFP de 7,2 kWh (soit 120 km d’autonomie). D’office très légère (95kg), cette architecture en aluminium cell-to-body renforce la résistance de la structure aux chocs et permet de gagner 12 % en capacité d’accélération. La répartition des masses est correctement équilibrée 50-50 entre l’avant et l’arrière.

A l’aise pour les manœuvres
Bridée à 45 km/h, l’Alumi accélère en silence, peu nerveuse (65 Nm de couple, 6 kW de puissance nominale), elle freine correctement. Les suspensions filtrent peu les vibrations liées aux pavés parisiens et les irrégularités du bitume remontent dans le siège, ce qui est assez désagréable à l’usage. Mais la microcitadine se rattrape sur la maniabilité et son aisance à se faufiler dans la circulation, même avec l’absence de direction assistée. En revanche, la visibilité trois-quart arrière est son point faible : une petite custode à la place du panneau de carrosserie serait la bienvenue. Pour les demi-tours et le stationnement en créneau, l’Alumi (2,68m de long) est à son aise, bien aidée par une caméra de recul.

Expérience de conduite sereine
A la différence des Citroën AMI ou Fiat Topolino, la Linktour Alumi offre une expérience de conduite plus sereine, un sentiment de sécurité plus présent à bord et un niveau d’équipements supérieur. Son prix est également plus élevé que les jumelles de Stellantis. Comptez à partir de 10 690 € pour l’Alumi de base (avec une garantie 3 ans (véhicule) et 5 ans (moteur-batterie), tandis qu’une Citroën AMI débute à 8 400 €. La société Modelabs, qui distribue les Linktour pour le marché français, ambitionne près de 3 000 ventes annuelles dès 2027, et élabore actuellement son réseau de concessionnaires partout en France.
A noter qu’une version Elite de l’Alumi est disponible en catégorie L7e, donc ouverte aux titulaires du permis B1, à partir de 16 ans. Vitesse maxi à 90 km/h, autonomie supérieure (180 km) et puissance nominale de 10 kW. Son prix s’étend de 14 990 à 17 389 € selon les options choisies. Mais à ces tarifs, n’est-il pas plus judicieux de se tourner vers de vraies citadines électriques tout aussi accessibles comme la Dacia Spring, Citroën ë-C3 ou la Fiat Panda ?

Fiche Technique :
Linktour Alumi
Catégorie : L6e (quadricycle à moteur, sans permis, dès 14 ans)
Autonomie : 120 km (norme WMTC)
Batterie : LFP de 7,2 kWh
Puissance moteur : 6 kW
Puissance maxi : 12 kW
Couple : 65 Nm
Vitesse max : 45 km/h
Mode recharge : AC (courant alternatif)
Puissance de charge : 2 kW (sur prise domestique ou borne)
Temps de recharge : 4 h
Longueur : 2,68 m
Largeur : 1,50 m
Hauteur : 1,55 m
Empattement : 1,80 m












