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NewsPublié le 01/07/2026
5 min

Comment prolonger le leasing social pour atteindre un million de voitures électriques

Alors que les constructeurs dévoilent progressivement leurs offres de leasing social, dont la 3e saison débute le 16 juillet, Eco Motors News fait un coup de projecteur sur les modèles éligibles. En parallèle, plusieurs propositions évoquent l’idée de poursuivre ce dispositif à plus long terme. Ou comment mettre en circulation plus d’un million de voitures électriques d’ici 2046 grâce à une réorganisation du système, sans pour autant plomber les finances publiques. L’ONG Transport & Environnement apporte quelques pistes de réflexion.

Premiers arrivés, premiers servis

Les commandes sont ouvertes. Les constructeurs comptent sur cette 3e édition du leasing social pour booster leurs ventes et augmenter la production de voitures électriques. Pour rappel, 50 000 personnes ou ménages vont pouvoir bénéficier de ce dispositif de location longue durée à prix réduit, financé par les certificats d’économie d’énergie (CEE), donc les fournisseurs d’énergie (et non le budget de l’Etat). Les premiers arrivés seront les premiers servis, à condition de répondre à quelques critères : avoir un revenu fiscal de référence (base 2025) de moins de 16 300 €, être un gros rouleur (habiter à plus de 15 km du lieu de travail ou faire plus de 8 000 km annuels en professionnel), et souscrire une location de 3 ans minimum et 12 000 km/an.

La liste se précise

Sans attendre le coup d’envoi du dispositif, le 16 juillet prochain, les constructeurs ont déjà présenté une grande partie de leurs offres spécifiques. En voici une première liste, les caractéristiques à la clé sont identiques : LLD, sans apport de 37 mois et 45 000 km.

  • Opel Frontera (SUV familial) : 99 €/mois (sur 3 ans et 45 000 km)
  • Renault R4 (SUV urbain) : à partir de 170 €/mois (finition Evolution) ou 190€/mois (finition Techno)
  • Hyundai Inster (citadine) : à partir de 139 €/mois
  • Citroën ë-C3 (citadine) : à partir de 94€/mois (autonomie : 320 km)
  • Renault Twingo : 130 €/mois (version entrée de gamme, autonomie de 260 km) ou 139 €/mois (autonomie de 410 km)
  • Fiat Panda (citadine) : 95€/mois (320 km d’autonomie)
  • Hyundai Kona EV (SUV urbain) : à partir de 189 €/mois
  • Opel Corsa (citadine) : 139€/mois
  • Opel Mokka (SUV urbain) : 189€/mois
  • Lancia Ypsilon (citadine) : à partir de 195€/mois
  • Alfa Romeo Junior (SUV) : 199€/mois (400 km d’autonomie)
  • Peugeot e-208 :  149€/mois (version entrée de gamme : 360 km d’autonomie)
  • Peugeot e-2008 : 179€/mois
  • Peugeot e-308 : 199€/mois

En raison de leur homologation trop tardive, certains modèles ne peuvent prétendre entrer dans cette liste, à l’image des VW ID Polo ou Cupra Raval. Autre nouveauté, le poids maximal autorisé pour entrer dans les critères du leasing est de 1 800 kg (contre 2 400 kg auparavant), ce qui exclut de nombreux véhicules familiaux. Mais il faut s’attendre à voir des remises commerciales et incitations diverses de la part des concessionnaires, qui souhaitent profiter de l’élan occasionné.

Et si le leasing se prolongeait pendant 20 ans ? 

En marge de ce lancement, l’organisation Transport & Environnement apporte un regard nouveau : et si ce leasing se poursuivait au-delà des 50 000 exemplaires promis ? L’ONG souligne que cet outil d’incitation permet la démocratisation du véhicule électrique et s’appuie sur une étude prospective pour un changement d’échelle. Objectif : mettre à la route un million de voitures électriques en leasing social (d’ici 2046), en revoyant toutefois les conditions économiques et de gouvernance.

Plusieurs scénarios envisageables 

Car le leasing tel qu’il existe coûte trop cher et ne profite pas assez aux consommateurs, bien qu’il soutienne l’activité industrielle des constructeurs et accélère la diffusion de ces voitures. A partir d’une étude, réalisée avec Bernard Jullien, enseignant-chercheur et spécialiste de l’industrie automobile, l’organisation Transport & Environnement élabore différents scénarios : 

  • prolonger le dispositif actuel au rythme de 50 000 véhicules par an, financés notamment grâce aux certificats d’économie d’énergie (CEE). Cette continuité coûterait cher : 10 Mds € sur 20 ans.
  • monter en puissance et financer 85 000 véhicules chaque année (soit 1,7 M sur 20 ans), en impliquant davantage les sociétés de leasing et sur une durée d’utilisation des véhicules portée à 11 ans (plusieurs locataires successifs). Soit l’Etat pilote ce dispositif (délégation de service public), soit un partenariat public-privé est mis en place. Coûts totaux sur 20 ans : entre 9 et 13,6 Mds €.
  • création d’une agence nationale dédiée au leasing social, capable de mettre sur la route 1 M de VE en 3 ans. Cette agence publique de location automobile représenterait 12,3 Mds € sur 20 ans.
  • organiser des régies coopératives locales selon les territoires, en associant les distributeurs, les garagistes et les acteurs de la mobilité solidaire : les voitures appartiennent à la coopérative qui laisse gérer les locations par les agents territoriaux. Coût estimé sur 20 ans : 6,4 Mds €.

Financements à déterminer

Pour financer cette montée en puissance, les auteurs de l’étude suggèrent des prêts à taux zéro, des garanties publiques, une anticipation des recettes issues du marché européen du carbone ou encore la mobilisation de l’épargne citoyenne. Il s’agit également de refondre le mode de gouvernance en impliquant davantage les acteurs de la transition. Reste à savoir si, au niveau industriel, les constructeurs pourront sécuriser les volumes nécessaires.

Tandis que le marché européen du véhicule électrique prend timidement son envol, anticiper l’avenir du leasing social dans une perspective plus large permettra d’intensifier plus rapidement l’électrification du parc automobile français.

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