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NewsPublié le 24/06/2026
4 min

Marché européen : 20% d’électriques vendues depuis le début de l’année et percée notable des marques chinoises

L’ACEA, association des constructeurs européens, a publié les chiffres d’immatriculations en Europe pour le mois de mai et sur les 5 premiers mois de l’année. La tendance à l’électrification se confirme avec une voiture vendue sur 5 qui est électrique. Si les marques historiques résistent bien, la montée en puissance des constructeurs chinois s’accélère plus vite que prévu.

Electriques : hausse de 30% par rapport à 2025

Depuis le début de l’année, le marché européen de l’automobile ne cesse de s’électrifier. Sur les cinq premiers mois, la part de marché des voitures électriques est passé à 20%, soit une augmentation de plus de 30 % par rapport à l’année dernière. Au mois de mai, les immatriculations d’électriques ont progressé de 43 % en Europe. Et si l’on élargit aux voitures électrifiées (PHEV et HEV), elles représentent désormais 7 mises à la route sur 10. Dans la foulée de la crise géopolitique en Iran, les modèles essence et diesel sont toujours moins nombreux. En France par exemple, les véhicules essence ont chuté de près de 37% depuis janvier.

Volkswagen – Photo by Gruppe C Photography

Des parts de marché qui s’effritent pour les constructeurs historiques

Mois après mois, la transition énergétique semble donc s’orienter vers l’électrique, sur un marché continental qui reprend des couleurs (+ 4% de ventes depuis janvier, soit plus de 4,7 M d’exemplaires vendus). Parmi les constructeurs qui profitent de cette évolution des achats depuis le début de l’année : 

  • Volkswagen Group : 1,27M d’exemplaires vendus, soit 26 % de part de marché. Skoda et Audi sont en forme, à l’inverse de Porsche qui chute (- 16%).
  • Stellantis : près de 800 000 immatriculations, soit une part de marché de près de 17%, porté par Fiat (+30 % ) et Opel (+ 19%), deux marques dont l’offre électrique est la plus riche.
  • Renault Group : 490 000 immatriculations, soit une part de marché en recul de 11 à 10,2 % depuis janvier. A souligner la belle performance d’Alpine (+15%)
  • Toyota Group : 336 000 ventes, en recul de 2%

Les constructeurs chinois s’octroient déjà 10% de parts de marché

Globalement, les constructeurs européens stagnent ou se replient sur leur marché domestique, tandis que les marques chinoises poursuivent leur insolente croissance. Au cumul, elles viennent déjà de dépasser les 10% de parts de marché en Europe, un chiffre précoce par rapport aux prévisions des spécialistes.

A commencer par SAIC Motor (MG) qui a franchi la barre des 100 000 unités vendues (+ 12%), tandis que le groupe Geely (Volvo, Polestar, Lotus, Geely…) est le premier groupe chinois en volume en Europe : plus de 124 000 modèles écoulés depuis le début de l’année.

Le géant BYD, très offensif actuellement sur le plan commercial, a immatriculé près de 100 000 voitures depuis janvier dernier, c’est une montée vertigineuse de 160 % et qui place le groupe à 2% de parts de marché, et ce malgré les taxes de douane européennes et l’absence de bonus pour les véhicules produits hors de l’UE.

Chery grimpe en flèche

Le niveau de croissance de Chery monte également en flèche, suite au lancement commercial des marques Jaecoo-Omoda : plus de 65 000 immatriculations (+ 265% d’augmentation, ce qui est peu étonnant en partant de chiffres très marginaux). Leapmotor, partenaire de Stellantis, profite de l’étendue du réseau italo-franco-américain en Europe pour progresser également, malgré moins de 38 000 voitures vendues.

En revanche, parmi les grands perdants de cette poussée de l’électrique : Ford (-21,3%) , Nissan (-7%) ou Hyundai (-2,7%).

Une percée inquiétante ? 

Faut-il interpréter ces résultats comme le début d’un « raz-de-marée » de voitures chinoises, moins chères, plus technologiques et mieux équipées, au risque de pénaliser les marques historiques européennes ? Certains représentants de la commission européenne relèvent en outre que la puissance de l’offre électrique chinoise se complète de modèles hybrides et hybrides rechargeables très performants et non taxés, à l’image du système DM-i de BYD. Avec ces PHEV, les constructeurs contournent ainsi les droits de douane imposés sur l’électrique. 

Quelle riposte de l’Europe ?

Faut-il alors taxer ces technologies dites « super hybrides » avant leur entrée dans l’Union ? Tandis qu’une réflexion très politique s’amorce (qui n’aboutira pas forcément à de nouvelles pénalités), un autre levier entre en ligne de compte dans le bras de fer commercial Europe-Chine : le sort des usines européennes actuellement en sous-capacité de production. Plusieurs constructeurs asiatiques ont récemment montré leur intérêt pour faire fabriquer leurs modèles sur les sites les moins chargés, voire les racheter clé en mains et maintenir les emplois sur place. Autant de considérations à mesurer à l’aune de cette transition énergétique qui prend de l’ampleur mois après mois et rebat les cartes de toute une industrie.

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