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EssaisPublié le 26/06/2026
9 min

ESSAI LOTUS ELETRE 900SC

Lotus, la mythique marque britannique fondée par l’ingénieur Colin Chapman, vit quelques soubresauts depuis plusieurs années. Au bord de la faillite, le constructeur est entré dans le giron du géant chinois Geely. De ce rachat est née une nouvelle stratégie tournée vers l’électrique sportif, dont l’imposant SUV Eletre est le principal représentant depuis 2023. Eco Motors News a pris le volant de sa déclinaison la plus radicale : l’Eletre 900 SC (pour Sport Carbon), 918 ch et un 0-100 en moins de 3 s !

Un pionnier parmi les super-SUV électriques

Pour les passionnés de sportivité automobile, associer les termes « électrique » et « SUV » s’apparente à un concept farfelu et incompatible. Si en plus, cela se passe chez Lotus, la marque de l’ingénieur Colin Chapman (et sa célèbre formule : « Light is right », comprenez, « Moins il y a de poids, mieux c’est pour la performance »), alors l’Eletre 900 SC ressemble à une incongruité. Un SUV électrique peut-il être super sportif ? C’est le pari qu’a voulu relever Lotus passé sous pavillon chinois. A sa sortie en 2023, l’Eletre avait pour rivaux le Tesla Model X ou le BMW iX M60 sur ce marché de niche des super-SUV EV. Il vient d’être rejoint par le Porsche Cayenne électrique, plus luxueux.

La Lotus de série la plus puissante, hors hypercar

Sur la fiche technique de l’Eletre 900 SC, les données sont sans ambiguïté : poids de 2 700 kg en ordre de marche, puissance de 918 ch envoyés sur les 4 roues motrices permanentes, un empattement de plus de 3 m et une garde au sol de plus de 18 cm avec le pack de batteries logé dans le plancher, ce qui impose un centre de gravité assez haut pour une supersportive.

En résumé, l’Eletre 900 SC est la Lotus la plus grosse et la plus puissante de l’histoire du constructeur, si l’on excepte l’hypercar Evija. Néanmoins, l’Eletre procure-t-il des sensations dignes de ses prestigieuses aînées et de la réputation de Lotus ?

Sculpté par les flux d’air

Esthétiquement, il ne passe pas inaperçu. Long de 5,10 m, large de 2,23 m (en comptant les rétroviseurs caméras) mais assez trapu avec 1,63 m seulement, sous pavillon. Le style est massif mais les lignes sont sculptées par un travail aérodynamique minutieux (Cx de 0,26) qui laisse notamment entrevoir des écopes allant du capot au pare-brise fuyant et au niveau des passages de roues. Ces espaces creux, qui guident jusqu’à 7 flux d’air, offrent à la fois un look inspiré des supercars et permettent un meilleur refroidissement des batteries comme des freins. Ces détails aérodynamiques se retrouvent sur la partie arrière, dotée d’un becquet supérieur scindé en deux parties et un aileron dynamique qui se déploie à partir de 110 km/h, en position haute stabilité, et se dresse à la verticale pour servir d’aérofrein. 

L’Eletre présente un regard affiné avec des projecteurs à LED tandis que sur la partie arrière, un bandeau lumineux traversant renforce le dynamisme. S’il ne manque pas de personnalité, il est difficile de l’identifier comme une Lotus, dès le premier coup d’oeil.

Parmi les détails de design réussis, on relève les multiples inserts de carbone qui renforcent la sportivité de l’Eletre, tout comme la grille de calandre active qui s’ouvre pour refroidir les composants et réduire la trainée : elle est dessinée… comme une fleur de lotus.

L’accueil à bord répond aux codes du luxe

Paradoxalement, l’Eletre est imposant mais se manœuvre aisément dans les rues parisiennes, bien aidé par les multiples caméras qui permettent une vue panoramique à 360°. Les radars, capteurs et lidar qui équipent la voiture reproduisent sur l’écran central l’état de la circulation qui nous entoure. On distingue bien les autres usagers environnants en temps réel, qu’ils soient voitures ou deux-roues. C’est utile et rassurant. 

Lotus a fait le choix de remplacer les rétroviseurs extérieurs à miroir par des caméras discrètes et mieux profilées, sauf que les écrans de retour sont placés trop bas pour le regard du conducteur et peuvent gêner la visibilité. 

Pensé comme un cockpit très enveloppant, tourné vers le conducteur, le poste de conduite est idéal, la prise en mains facile. L’interface est ergonomique, lisible et assez intuitive. Le système d’info-divertissement amélioré par l’IA ne demande pas de temps d’adaptation. Sur l’immense écran central OLED de 15,1 pouces, les applications glissent sous le doigt, c’est rapide, simple comme l’utilisation de votre smartphone.

L’accueil à bord répond aux codes des voitures de luxe : cuir, alcantara, panneaux de carbone et une qualité perçue de haute tenue. Peu de commandes physiques, Lotus joue la carte du raffinement. Le volant et ses grandes palettes (pour forcer la régénération au freinage ou choisir le mode de conduite) respire la compétition et la technologie. Sans contestation, l’Eletre figure parmi le top des SUV sportifs haut de gamme, en compagnie des Bentley Bentayga ou Lamborghini Urus.

Le SUV de Lotus peut accueillir 5 personnes dans un confort total. Le coffre est également très généreux (688 L de capacité), auquel il faut ajouter un petit « frunk » de 46 L, en complément sous le capot avant.

Suspensions pilotées et souplesse de conduite

A son volant, on apprécie la justesse et la précision de son châssis. Les suspensions pilotées et le contrôle anti-roulis actif travaillent de concert avec la vectorisation du couple au freinage. L’ensemble est homogène, au service du bien-être à bord et de l’efficacité sur route. Pour le conducteur, les roues arrières directrices sont un régal pour offrir une meilleure maniabilité de cette imposante voiture. Ces technologies bonifient l’expérience de conduite qui se veut nerveuse, mais peut tout à fait se montrer apaisée en mode « Tour », c’est-à-dire le réglage routier le plus confortable.

L’ADN sportif de Lotus est conservé

Lotus Cars appartient depuis 2017 au groupe chinois Geely, qui possède également Volvo, Polestar. D’ailleurs l’Eletre est le cousin technique du SUV Polestar 3, mais il conserve davantage de spécificités sportives, en lien avec l’héritage de Lotus. L’Eletre 900 SC (Sport Carbon) dispose ainsi de 2 moteurs électriques haute performance (un par essieu) qui développent 675 kW de puissance, soit 918 ch cumulés. La transmission intégrale dispose de 2 rapports, dont le changement est imperceptible à l’usage. Le couple à l’accélération est de 985 Nm. De quoi vous enfoncer au fond du siège à chaque pression sur la pédale de droite. En mode « Track », le plus extrême, c’est presque un coup du lapin qui guette le passager peu préparé à une telle fougue. Oui, tout gros SUV qu’il est, l’Eletre est un véhicule électrique nerveux et hyper-réactif. Une vitalité qui gomme son embonpoint et donne le sourire à son conducteur.

Il abat le 0 à 100 km/h en 2,95 s, ce qui ressemble à une prouesse pour un tel pachyderme. Mieux, il relance fort sur autoroute, de 80 à 120 km/h en moins de 2 s. On peinerait presque à ressentir le poids total (qui peut dépasser les 3 T avec passagers et bagages). Sa vitesse maximale bridée électroniquement atteint 296 km/h.

Autonomie de 450 km

Hélas, ces performances ne peuvent être que temporaires à observer la jauge d’énergie qui diminue rapidement sous le coup de ces ruades électriques. Annoncé pour 450 km d’autonomie, il sera difficile d’en faire plus de 300 avec une conduite dynamique. Les batteries sont de chimie lithium-ion, d’une capacité de 112 kWh et grâce à son architecture à 800 V, l’Eletre peut bénéficier de puissances de charge allant jusqu’à 350 kW en courant continu. Soit un passage de 10 à 80 % de récupération d’énergie en 20 minutes. Sur ce point, Lotus ne fait pas mieux que la concurrence des Tesla Model X ou Porsche Cayenne électrique.

A partir de 101 590 €

Dans sa version 900 SC la plus puissante et exclusive, l’Eletre procure donc un réel plaisir en terme de confort, d’agrément et vous emporte à hautes vitesses sans aucune difficulté. Même quand la route devient plus sinueuse, la direction électronique et le châssis dynamique pardonnent les excès d’engagement.

Si la maîtrise de la puissance électrique correspond aux attentes que peuvent avoir les habitués de Lotus, en revanche les clients ne sont pas encore précipité en concessions. Est-ce à cause de son prix exagérément démesuré ? Proposé à partir de 163 090 € pour la version 900 SC, notre modèle d’essai dépasse les 171 910 € TTC. Ce qui est très cher en comparaison des super-SUV thermiques à moteur V8 sur le marché. Globalement, l’adoption de l’électrique par les acheteurs potentiels dans le segment ultra-luxe n’est pas à la hauteur des investissements des marques.

Eletre Hybrid X, l’hybride rechargeable de 952 ch

Faute de commandes, Lotus ajuste son plan. Et vient donc d’ajouter une nouvelle offre : une version hybride rechargeable de l’Eletre (350 km d’autonomie en électrique et 1200 km en combiné). Baptisé Hybrid X, doté d’un moteur thermique 2.0 L 4 cylindres, et d’une batterie de 70kWh, il est le plus puissant des Eletre avec 952 ch cumulés et un 0 à 100 km/h en 3,3 s. Si ce retour partiel au thermique peut attirer certains passionnés de Lotus, pas sûr que ce soit suffisant pour inscrire l’Eletre parmi les super-SUV les plus marquants de l’époque.

Notes :

Autonomie :   3,5/5
Agrément de conduite : 4/5 
Polyvalence : 3/5
Confort : 4/5
Technologie : 4/5

Fiche technique

Lotus Eletre 900 SC (112 kWh) 
Puissance : 918 ch
Couple : 985 Nm
Autonomie : 450 km 
Temps de recharge 10-80 % : 20 min (350 kW DC)
0 – 100 km/h : 2,9 s
Vmax : 296 km/h
Volume de coffre : 688 L + 49 L (avant)
Prix modèle essayé : 171 910 €
Prix gamme SUV Eletre : à partir de 101 590€

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