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ExpertisesPublié le 30/01/2026
4 min

185 501 bornes fin 2025 : l’année où le réseau de recharge français a changé d’échelle

Pendant longtemps, la recharge a été le principal frein d’adoption à un véhicule électrique. En 2025, ce discours ne tient plus vraiment. Selon le baromètre Avere-France arrêté au 31 décembre 2025, la France compte désormais 185 501 points de recharge ouverts au public, répartis sur environ 55 000 stations.

Source : Avere-France

2025, une année de rupture

Avec près de 59 000 nouveaux points installés en douze mois, 2025 s’impose comme la meilleure année jamais enregistrée en matière de déploiement. Le parc est passé d’environ 126 000 points fin 2024 à 185 501 fin 2025, soit une croissance annuelle de près de 30 %. À titre de comparaison, il avait fallu presque dix ans pour atteindre le seuil symbolique des 100 000 points fin 2023.

Cette accélération est particulièrement visible après le printemps 2025. De 160 000 points recensés en mai, le réseau a gagné plus de 25 000 bornes supplémentaires en sept mois, traduisant un effet de rattrapage et une montée en puissance des projets déjà engagés.

Un réseau plus dense… et plus performant

Au-delà du volume, le réseau progresse aussi en qualité. La puissance moyenne par point atteint désormais 7,4 kW, tandis que les bornes rapides de plus de 50 kW représentent 22 260 points, soit environ 12 % du réseau total, en hausse de 25 % sur un an. Parmi elles, près de 2 500 bornes ultra-rapides de plus de 150 kW sont désormais opérationnelles, principalement sur les grands axes.

Source : ABB

La fiabilité suit la même trajectoire. Fin 2025, la disponibilité immédiate du réseau atteint 95 %, avec un pic à 98,5 % sur le réseau autoroutier. Un chiffre d’autant plus significatif que l’usage a explosé : durant l’été 2025, les sessions de recharge ont augmenté de 71 %, sans provoquer de saturation notable.

L’épreuve du feu de l’été 2025

Et le lauréat du mois le plus impactant de cette année 2025 est le mois de juillet. En effet, le réseau a enregistré un record de 29,5 sessions quotidiennes par point, soit 75 % de plus qu’en 2024. Malgré cette pression inédite, la continuité de service a été globalement assurée, confirmant une forme de maturité du réseau français.

Source : Vinci Autoroute

Ce cap est essentiel : il démontre que la recharge publique n’est plus seulement un outil d’appoint, mais une infrastructure capable d’absorber des usages massifs, y compris en période de grands déplacements.

Des disparités territoriales, mais un rattrapage rural

La répartition géographique reste contrastée. L’Île-de-France concentre à elle seule 25 % du réseau, soit plus de 46 000 points, devant Auvergne-Rhône-Alpes (15 %) et la région PACA (12 %). Ces territoires combinent densité urbaine, flux de transit et investissements publics précoces.

Source : ville de Paris 

Mais la dynamique la plus marquante en 2025 concerne les zones rurales. Grâce aux dispositifs de soutien de l’État et des régions, le nombre de points y a progressé de plus de 40 %, réduisant progressivement les « zones blanches » de la recharge.

Une trajectoire cohérente avec les objectifs nationaux

Avec 185 501 points publics, la France a déjà atteint 46 % de son objectif national de 400 000 points d’ici 2030, fixé dans le cadre du plan France 2030. Rapporté à la population, cela représente 275 points pour 100 000 habitants.

Sur le plan européen, la France respecte également l’objectif AFIR 2025 pour les véhicules légers, avec une borne rapide tous les 60 km sur les axes principaux, ce qui la place parmi les pays les plus avancés du continent, derrière les Pays-Bas et l’Allemagne en volume total, mais en tête sur la recharge rapide autoroutière.

Un cap franchi, pas une ligne d’arrivée

Avec 185 501 points fin 2025, la France ne peut plus être qualifiée de pays en retard sur la recharge électrique. L’année écoulée marque un basculement : celui d’un réseau en construction vers une infrastructure structurante. Le défi, désormais, n’est plus seulement quantitatif. Il est aussi qualitatif, territorial et économique.
La transition électrique est entrée dans sa phase industrielle. La recharge publique en est devenue l’un des piliers visibles.

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