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ExpertisesPublié le 30/01/2026
5 min

Batteries de VE : quelle véritable durée de vie ?

La batterie reste le cœur du débat autour du véhicule électrique. Coût, durabilité, remplacement : elle concentre encore une grande partie des interrogations des automobilistes comme des professionnels. Publiée le 13 janvier 2026, une vaste étude menée par Geotab, spécialiste mondial des données de flottes connectées, apporte un éclairage particulièrement instructif sur la santé réelle des batteries de VE après plusieurs années d’usage.

sourcee : je-roule-en-électrique

Une étude fondée sur l’usage réel, pas sur des projections

L’étude menée par Geotab repose sur l’analyse de 22 700 véhicules électriques en circulation, couvrant 21 marques et modèles, avec jusqu’à huit années de données d’exploitation. C’est un échantillon rare par son ampleur, qui permet d’observer la dégradation des batteries dans des conditions réelles : cycles de charge variés, climats différents, usages différents et donc uniques.

Le premier constat est que les batteries lithium-ion conservent en moyenne 82 % de leur capacité après huit ans, soit un taux de dégradation annuel moyen de 2,3 %. C’est un chiffre en légère hausse par rapport aux précédentes études Geotab (1,8 % en 2024), mais à replacer dans un contexte d’usage beaucoup plus intensif.

source : GEOTAB

Recharge rapide : le principal facteur différenciant

L’enseignement majeur de l’étude concerne l’impact des habitudes de recharge. Selon Geotab, l’utilisation fréquente de la recharge rapide en courant continu à haute puissance (> 100 kW) accélère l’usure des batteries.

En effet, chez les véhicules majoritairement rechargés en rapide, le taux de dégradation grimpe à environ 3 % par an, contre 1,5 % seulement pour ceux principalement rechargés en courant alternatif lent. Un écart significatif, d’autant plus notable que la recharge rapide est devenue beaucoup plus courante. En quelques années, pour les clients Geotab, la part de recharge rapide est passée de moins de 10 % à environ 25 %.

source : driveco

Des batteries solides, mais sensibles au comportement humain

Pour Charlotte Argue, directrice principale de la mobilité durable chez Geotab, le message est clair :

  • « La santé des batteries de véhicules électriques reste solide, même si les véhicules sont rechargés plus rapidement et déployés de manière plus intensive.»

Elle ajoute toutefois un point clé :

  • « Ce qui a changé, c’est que le comportement de recharge joue désormais un rôle beaucoup plus important dans la vitesse de vieillissement des batteries.»

Autrement dit, c’est bien l’utilisateur qui est un acteur central de la durabilité des VE.

Climat, niveaux de charge : des effets secondaires mais mesurés

Contrairement à certaines idées reçues, le climat chaud n’a qu’un impact modéré sur la dégradation. L’étude chiffre cet effet à environ + 0,4 % par an, loin derrière l’influence du mode de recharge.

source : Lucid

source : Lucid

Même constat pour la fameuse règle du « 20–80 % ». Selon Geotab, elle n’est réellement critique que pour les véhicules passant plus de 80 % de leur temps à des niveaux de charge très bas ou très hauts. Pour un usage normal, alternant trajets courts et longs, cette règle se révèle beaucoup moins déterminante qu’on ne le pense.

Des résultats confirmés par d’autres études indépendantes

Les conclusions de Geotab s’inscrivent dans une tendance largement confirmée par d’autres travaux récents.

  • Une étude Recurrent menée sur plus de 1 000 véhicules pour un total de 240 000 km parcourus montre une autonomie restante moyenne de 91 % sur des modèles récents, et environ 80 % après plus de 300 000 km.
  • De son côté, l’analyse P3/Aviloo indique une capacité moyenne de 87 % après 200 000 km, soit un rythme de dégradation inférieur à 1,5 % par an, compatible avec plus de dix ans d’usage intensif pour de nombreuses flottes.
  • Enfin, des recherches menées par l’université de Stanford montrent que les batteries, en conditions réelles, peuvent durer jusqu’à 33 % plus longtemps que lors des tests en laboratoire, notamment grâce aux phases d’arrêt, aux variations de charge et à une sollicitation moins constante.

Un enjeu stratégique pour les flottes et les particuliers

Cette étude est déterminante et porte un message clair pour les gestionnaires de flottes : utiliser la puissance de recharge la plus faible compatible avec les contraintes opérationnelles permet de prolonger significativement la durée de vie des batteries. Il faut donc adapter les modes de recharge en fonction de l’usage afin de préserver au mieux les capacités de stockage des batteries.

source : BEEV

Pour les particuliers, ces données sont tout aussi rassurantes. Avec une bonne utilisation des infrastructures de recharge, le véhicule électrique reste efficace dans la durée, une bonne nouvelle pour l’écologie et le porte-monnaie.

Une perception en retard sur la réalité

Alors que l’adoption des véhicules électriques s’accélère, chez les professionnels comme chez les particuliers, cette étude vient contredire un récit longtemps dominé par la crainte du vieillissement prématuré. Les batteries modernes ne sont ni fragiles ni éphémères. Elles sont robustes, prévisibles, et surtout fortement influencées par les usages.

La recharge rapide n’est pas un problème en soi. Elle devient un enjeu lorsqu’elle est utilisée systématiquement, sans discernement. À l’heure où les infrastructures progressent plus vite que jamais, la longévité des batteries est une question de pratiques.

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