La période estivale est propice aux longs voyages, or rouler en voiture électrique nécessite d’adopter quelques habitudes pour éviter les mauvaises surprises, quant à la gestion de l’énergie. Voici dix conseils à suivre pour prendre la route des vacances en toute sérénité au volant d’une voiture électrique

Charger la batterie avant le départ
Cela semble une évidence mais mieux vaut partir la batterie chargée et ne pas forcément compter sur un arrêt-recharge dès les premiers kilomètres. C’est une mesure de bon sens qui évite une source de préoccupation inutile (où vais-je pouvoir recharger ?) pour entamer un long trajet. Suivant les recommandations du constructeur, rechargez entre 90 et 100% et si possible, programmez la fin de cette recharge peu avant le départ, histoire de profiter de la mise à température des cellules (pré-conditionnement).

Planifier les arrêts recharge
L’habitude s’était perdue au fil du temps (voitures thermiques à faible consommation, réseau de stations-service très développé), mais la voiture électrique rend de nouveau indispensable une préparation « a minima » de votre itinéraire. A savoir repérer les bornes rapides sur les aires d’autoroutes, et prévoir une marge de sécurité au cas où l’une d’entre elles serait inopérante ou occupée. Si la plupart des modèles électriques disposent d’un planificateur intégré au système de navigation, plusieurs applications spécialisées (Chargemap, ABRP, PlugShare, Nextcharge, Chargeprice…) permettent de calculer les arrêts à prévoir en fonction du modèle, de la vitesse et de la capacité d’énergie restante à l’arrivée. Les applications de navigation telles Googlemaps ou Waze peuvent jouer ce rôle.

Vérifier les moyens de paiement
Gare aux mauvaises surprises au moment de régler la note face à la borne, toutes n’acceptent pas les mêmes moyens de paiement :
- badges de recharge multi-réseaux (liés à votre compte bancaire) à se procurer quelques jours avant le départ,
- carte bancaire classique (à condition que la borne l’accepte ; les bornes ultra-rapides situées sur autoroute acceptent généralement la CB),
- applications mobiles des réseaux de recharge (Ionity, Shell Recharge, Freshmile…) qui nécessitent un téléchargement préalable et une inscription dûment remplie (formalité parfois fastidieuse), via un QR code. Dans ce dernier cas, il sera important de disposer d’une bonne connexion internet (pas toujours garantie en pleine campagne).

Contrôler les pneus
La pression des pneus est importante pour une voiture électrique. Trop basse, elle augmente la résistance au roulement et influe donc sur la consommation d’énergie. Il est donc préférable de vérifier l’état de la pression avant de partir (faire la pression à pneus froids). Des pneus correctement gonflés renforcent la sécurité à haute vitesse notamment, limitent l’usure de la bande de roulement et surtout ils permettent d’améliorer l’autonomie (dégradée à cause de la vitesse, le poids embarqué…).

Alléger le véhicule
En toute logique, le surpoids lié aux bagages et aux passagers ajoute de la surconsommation d’énergie. Il est donc préférable d’être attentif à ne pas trop charger le coffre et éviter d’installer des équipements extérieurs comme un coffre de toit ou porte-vélos (surtout lorsqu’ils ne sont pas utiles).
A noter qu’une petite remorque basse et légère occasionne une surconsommation de 20%, tandis qu’une caravane augmente la consommation de 50 à 60% minimum. Cela peut représenter entre 4 et 20 kWh / 100 km en plus par rapport à la moyenne de consommation habituelle et réduit considérablement l’autonomie globale d’une charge.

Préconditionner, mettre l’habitacle à température
Lorsque la voiture est encore branchée, il est utile d’en profiter pour mettre l’habitacle à température idéale avant le départ. N’hésitez pas à activer la climatisation (ou le chauffage le cas échéant) pour refroidir l’espace de vie à bord par fortes chaleurs. Avantage : cela préserve la batterie et évite de puiser l’énergie des cellules pour des éléments de confort autres que la traction de la voiture.

Adopter un rythme d’éco-conduite
L’éco-conduite, ce sont des gestes simples du conducteur qui peuvent permettre d’économiser de précieux électrons et parcourir davantage de kilomètres sur la même charge. Mieux vaut donc garder une vitesse raisonnable et stabilisée (110-120 km/h sur autoroute par exemple), en évitant les à-coups, accélérations brusques ou les relances trop fortes. Le mode « éco », disponible sur toute voiture électrique, paramètre électroniquement la gestion du moteur pour moins solliciter la batterie.
Lors des phases de freinage ou de ralentissement, les voitures électriques permettent de récupérer une partie d’énergie et régénérer ainsi la batterie. Le conducteur doit apprendre à maîtriser ce dispositif avec intelligence et peut escompter retrouver quelques précieux kilomètres d’autonomie grâce l’inertie. Les VE les plus récentes disposent d’un système One Pedal (le levé de pied de l’accélérateur freine la voiture et va jusqu’à l’arrêt complet) ou de la possibilité de « forcer » plus ou moins la récupération d’énergie à la décélération.
Repérer une borne publique près du lieu de villégiature
Nombre de destinations de vacances ou lieux de villégiature (camping, location, village-vacances, gîte…) ne sont pas encore équipés de bornes de recharge domestiques ou adaptées aux VE. Il est donc recommandé de repérer dès votre arrivée le ou les bornes de recharge environnantes, sur la voie publique, de manière à planifier en amont les phases de recharge. Parmi les destinations, Marseille (1 220), Bordeaux (1 179) et Nice (988) sont les trois grandes villes le mieux dotées en bornes de recharge publiques, d’après le classement Beev Eco City Score. Mais Montpellier (318), Le Havre (62) et Nîmes (380) offrent la gratuité du stationnement pour les VE en charge.
Tenir compte de la météo
Les fortes chaleurs, le froid, le vent de face et la pluie sont des facteurs qui peuvent réduire l’autonomie. En période estivale, le trafic dense, les longs embouteillages avec une climatisation excessive peut aussi augmenter la consommation. Il est d’autant plus important de conserver un oeil sur la réserve de batterie plutôt que d’arriver à une borne avec un niveau très faible.
En cas d’imprévu, quelques précautions à prendre
Si les bornes de recharge rapides disposent toutes de leur câble DC qui accepte de haute intensité d’électricité, il est recommandé d’emporter son propre câble de recharge compatible avec les bornes AC (qui délivrent de 3,7 à 22kW de puissance), ainsi qu’un câble doté d’une simple prise domestique 220 V (pour les recharges lentes à domicile).
Pour ne pas risquer la panne sèche (ou une potentielle erreur de logiciel), ne descendez pas sous 10 à 15% de batterie, gardez de la réserve pour conserver de la sérénité. En pratique, la plupart des trajets longue distance sont plus agréables lorsque les recharges rapides sont effectuées entre 20 % et 80 % de batterie. En effet, la puissance de recharge est généralement plus élevée dans cette plage, ce qui permet de repartir plus vite. Planifier plusieurs arrêts courts est souvent plus efficace et moins coûteux qu’une seule recharge jusqu’à 100 %.












