publicité
NewsPublié le 02/07/2026
5 min

Le marché français bascule vers l’électrique, les constructeurs chinois toujours plus présents

Les chiffres d’immatriculation pour le mois de juin viennent d’être publiés par la Plateforme de la filière automobile et mobilités (PFA) et permettent de faire un point d’étape de milieu d’année. Trois voitures sur 10 sont désormais 100% électrique, c’est plus du double par rapport à l’année dernière. Cette statistique marque le véritable point de bascule vers la transition énergétique, alors que les carburants fossiles représentent moins de 18 % des ventes de véhicules neufs depuis le début de l’année. Malgré une bonne dynamique de ventes pour leurs modèles électriques, les groupes historiques perdent du terrain au profit des constructeurs chinois, qui multiplient les stratégies de conquête en Europe (EV, PHEV et partenariats industriels).

30% des voitures neuves sont électriques

Avec 188 787 immatriculations de voitures particulières neuves enregistrées en juin (comptant 2 jours ouvrés supplémentaires), le marché affiche une belle progression de 11 % par rapport à juin 2025. Sur l’ensemble du premier semestre, les ventes sont en légère hausse : 857 166 véhicules immatriculés (+ 1,8 %). Dans le détail des types d’énergie, la montée en puissance de l’électrique est spectaculaire : avec 241 563 VE immatriculés, soit + 63% par rapport au premier semestre 2025. Désormais, 30% des modèles neufs sont électriques contre 17 % il y a un an. 

Ces six premiers mois de l’année marquent donc un tournant, sur fond de crise géopolitique et d’envolée des prix des carburant. Mais cette accélération est aussi soutenue par des dispositifs publics comme le bonus écologique (jusqu’à 5 700 € pour les ménages les plus modestes), la prime batterie européenne (entre 1 200 et 2000 €) et le retour annoncé du leasing social à partir du 16 juillet. Les contraintes réglementaires européennes, notamment les objectifs d’émissions imposés aux constructeurs, contribuent également à favoriser les ventes de modèles électriques.

Sur le podium des voitures électriques les plus demandées entre janvier et juin 2026 : la Tesla Model Y domine (22 635 ex., soit une hausse de 155 %), puis la Renault 5 (20 664 ex. / + 31%) et le Renault Scenic (13 127 ex. / + 64%). A noter que le Model Y et la R5 figurent dans le top 10 des voitures les plus vendues, toutes motorisations confondues.

Les hybrides résistent

Nonobstant cette percée de l’électrique, le premier choix de la majorité des consommateurs reste l’hybride qui représente une voiture neuve sur deux, qu’elles soient hybrides classiques (HEV), hybrides rechargeables (PHEV) ou micro-hybrides (MHEV). A l’inverse, le public se détourne des modèles essence (- 24% sur un an, 15% du marché) et diesel (à peine 3% des immatriculations). Pour ces motorisations, la fiscalité automobile s’est considérablement durcie. Depuis le 1er janvier, le malus CO₂ s’applique dès 108 g/km d’émissions, tandis que le seuil du malus au poids a été abaissé à 1 500 kg.

Les marques chinoises changent d’échelle

Autre enseignement du premier semestre : l’offensive commerciale des constructeurs chinois s’accélère. Après MG, BYD, Xpeng ou Leapmotor, de nouvelles marques comme Omoda, Jaecoo et AION ont fait leur entrée sur le marché français. Quatorze marques chinoises sont désormais présentes en France. En juin, elles représentent environ 7 % des immatriculations (près de 13 700 véhicules vendus).

Leur stratégie évolue, notamment pour contourner les règles imposées par l’UE. Si leur développement reposait principalement sur les véhicules électriques aux performances remarquées, elles investissent désormais massivement le segment des hybrides rechargeables, encore épargné par les surtaxes douanières européennes appliquées aux véhicules électriques importés de Chine. BYD illustre cette montée en puissance en plaçant ses trois modèles aux premières places du classement des hybrides rechargeables les plus immatriculés en juin.

Selon l’analyste de données AAA DATA, les constructeurs chinois ne se contentent plus d’une stratégie opportuniste. Leur puissance industrielle, leurs capacités d’innovation et une politique tarifaire très offensive et dynamique leur permettent d’envisager une implantation durable en Europe. Plusieurs groupes développent des partenariats industriels sur le continent afin de renforcer leur présence locale, à l’image de Dongfeng et Stellantis pour l’usine de Rennes ou Geely pour produire dans une usine Ford en Espagne.

Dans ce contexte de concurrence exacerbée, les constructeurs historiques voient leurs parts de marché se réduire progressivement. Sur le premier semestre 2026, le groupe Renault a vu ses ventes diminuer de 3,8 % (soit 26,1% de pénétration), Stellantis stagne à +0,6% (26,9% de pénétration), tandis que Toyota recule de 8 % (soit 6,6% de parts de marché).

La concurrence redessine le marché

Pour les constructeurs européens, cette double mutation (électrification accélérée et montée des groupes chinois) constitue un défi stratégique majeur. Face à une concurrence de plus en plus intense, plusieurs industriels revoient déjà leur politique tarifaire, accélèrent le développement de modèles électriques plus accessibles et multiplient les partenariats avec des groupes chinois.

Le marché français apparaît ainsi engagé dans une transformation profonde, où la transition énergétique ne constitue plus seulement un objectif réglementaire mais devient désormais la nouvelle norme commerciale.

Partager :
publicité
publicité
Image du carouselImage du carouselImage du carousel