NewsPublié le 14/08/2026
6 min

Le constructeur chinois Chery débarque en France avec une gamme accessible et rationnelle, à destination des familles

Après le lancement de Jaecoo et Omoda (Chery Group) en 2025, la marque Chery fait son entrée sur le marché français, avec une certaine discrétion. Premier exportateur chinois pendant de nombreuses années, le constructeur généraliste et accessible ouvre ses commandes dès le 1er septembre avec une gamme pour l’instant composée de SUV hybrides et hybrides rechargeables. Que signifie cette stratégie différente des rivaux asiatiques 100 % électriques ? Qui sera convaincu par l’offre de Chery ?

Une marque chinoise de plus à l’offensive en Europe

Une entrée en France sur la pointe des pieds. Si le grand public connaît encore peu son nom en Europe occidentale, Chery n’est pourtant pas un nouveau venu sur la scène de l’industrie automobile mondiale. Fondé en 1997, le constructeur a vendu plus de 4,5 M de véhicules dans le monde, grâce à une présence commerciale dans une centaine de pays (Asie, Amérique latine, Afrique). Dans le sillage des arrivées réussies de SAIC (MG Group), BYD ou Geely Group sur le marché européen, il manquait Chery. Le discret géant arrive donc, épaulé par ses deux marques Jaecoo (plus premium) et Omoda (plus technologique et urbaine) récemment implantées chez nous. Chacun suivant une stratégie bien distincte, Chery se présente comme le généraliste accessible, avec les habitués de Renault, Citroën ou Dacia à convaincre.

Chery s’appuie sur ses marques Jaecoo et Omoda

Depuis trois ans, le paysage des constructeurs chinois présents en Europe est bousculé. Là où BYD met en avant son avance technologique et performante (recharge ultra rapide, capacité de batterie), MG se positionne comme un excellent rapport prix/prestations. De son côté Chery entend construire son succès autour de la fiabilité, la simplicité d’usage et une offre ciblée vers les familles. Mais le groupe compte d’abord s’appuyer sur ses marques satellites Omoda et Jaecoo, lancées en 2025, qui doivent installer une image de marque valorisante et permettre de construire rapidement un réseau de distribution en France. Un centre R&D est même évoqué en région parisienne.

Le choix assumé de l’hybride

Pour multiplier ses chances de séduire vite, Chery débute donc son aventure française avec une gamme exclusivement composée d’hybrides classiques (HEV) et d’hybrides rechargeables (PHEV). Des motorisations peu contraignantes et bien apprivoisées par les utilisateurs. Cette technologie constituant la réponse pragmatique envers les automobilistes hésitants à passer au tout électrique.

Quatre modèles sont attendus :

  • Tiggo 4 Hybride (4,32 m), SUV urbain
  • Tiggo 7 Hybride (4,55 m), il constituera le cœur de gamme de Chery
  • Tiggo 7 Hybride Rechargeable
  • Tiggo 8 Hybride Rechargeable, SUV sept places (4,72 m) annoncé avec un rapport prix-prestation compétitif.

Par comparaison, là où Jaecoo cherche à séduire un client qui pourrait hésiter avec un Hyundai Tucson haut de gamme ou un Peugeot 3008 bien équipé, Chery devrait davantage cibler les acheteurs recherchant une alternative à Renault, Citroën, Dacia (sur certains modèles) ou MG, avec un niveau d’équipement supérieur. Sans aucune proposition 100% électrique pour son entrée sur le marché français, cette stratégie rappelle davantage celle de Toyota ou Hyundai que celle de BYD à leurs débuts. Pour Chery, la transition passe d’abord par l’hybride.

Technologie maison pour se différencier

Le groupe Chery mise ainsi sur sa technologie propre CSH (Chery Super Hybrid), fruit de plus de vingt-cinq années de développement interne. Ce système repose sur une autonomie élevée, des performances dynamiques et un confort acoustique amélioré. Doté d’un système électrique robuste, avec notamment une batterie certifiée IP68, le constructeur a réalisé des essais extrêmes et d’endurance dans une trentaine de pays sous des conditions climatiques variées.

Chery Group veut maîtriser en interne les principales technologies, à l’image de son concurrent chinois BYD qui rappelle souvent la verticalité de sa chaîne de production : batteries, moteurs électriques et électronique de puissance sont « fait maison », ce qui est sensé réduire les coûts de développement. D’autres marques plus jeunes s’appuient davantage sur des fournisseurs extérieurs.

Construire la confiance

Le principal défi pour Chery est de convaincre et construire une image de marque. Cela passe par une politique de garantie généreuse : 7 ans ou 150 000 km pour chaque modèle. Dans le détail, les composants électriques comme la batterie ou le groupe motopropulseur seront couverts durant 8 ans ou 160 000 km. La capacité minimale garantie de la batterie (la donnée vitale SoH, state of health) devra être de 75 %. En plus, Chery s’est accordé avec l’assureur allemand Allianz pour garantir une assistance routière 24h/24. Autant d’efforts pour entrer sur un marché souligne la volonté de s’y implanter pour longtemps et cherche à donner rapidement confiance aux consommateurs. Une stratégie qu’avaient suivis avec un certain succès les constructeurs coréens lors de leurs arrivée en Europe, au début des année 2000.

En outre, Chery met en avant les performances en matière de sécurité : plusieurs modèles ont obtenu cinq étoiles aux crash-tests internationaux, notamment Euro NCAP, ainsi que de bons résultats dans différents classements J.D. Power.

Un réseau déjà conséquent

Autre élément stratégique : le réseau commercial. En s’appuyant sur le travail de développement accompli par Jaecoo et Omoda, Chery annonce plus de 50 points de vente et réparateurs agréés en France, avec un objectif supérieur à 90 sites avant la fin de l’année 2026. Le constructeur disposera également d’un centre logistique de pièces détachées exploité avec DHL Supply Chain, afin de limiter les délais d’approvisionnement après-vente, un sujet déterminant pour les nouveaux entrants. Par comparaison, certaines marques chinoises, plus prudentes avaient d’abord privilégié quelques concessions pilotes avant d’accélérer leur développement.

La concurrence de plus en plus structurée

L’arrivée de Chery confirme la montée en puissance des grands groupes chinois en Europe. BYD, SAIC et Geely sont déjà des géants mondiaux, Chery se situe à un degré moindre sur l’échiquier mais ce constructeur est capable de développer ses propres plateformes, motorisations, batteries et technologies embarquées. La clé de la réussite ne se limite plus aux tarifs agressifs, il s’agit désormais d’investir durablement dans les réseaux de distribution, l’après-vente, les garanties, en attendant d’offrir des modèles aux standards européens (qualité perçue, fiabilité, design).

Le positionnement de Chery se veut différent dans ce marché saturé. Centré sur les SUV familiaux et hybrides, avec un niveau d’équipements élevé, sera-ce suffisant pour se distinguer de MG, BYD ou certains généralistes historiques (Ford, Opel, Fiat…) ? L’attrait non démenti du public pour les SUV Jaecoo, lancés fin 2025, semble indiquer une tendance encourageante pour Chery dont la devise est : proposer « l’essentiel au prix juste ».

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