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NewsPublié le 29/04/2026
6 min

Salon de Pékin : la riposte des marques européennes

Face à l’imposante offensive des constructeurs chinois et devant la baisse des ventes de leurs modèles sur le premier marché mondial, les européens déjà implantés en Chine changent de stratégie. Des voitures plus adaptées aux attentes, des partenariats techniques renforcés avec les firmes locales et une remise à jour au niveau des logiciels, de la connectivité et des services numériques embarqués. Sans certitude que cela relance les ventes…

Refonte des stratégies européennes en Chine

Il y a dix ans, les constructeurs européens avaient fait de la Chine leur territoire de conquête commerciale. Aujourd’hui, à l’occasion du salon de Pékin 2026, la posture est différente : les ventes de modèles européens s’effritent sur le premier marché mondial tandis que les marques locales multiplient les produits innovants et attractifs, certes soutenues par des politiques industrielles massives et la maîtrise des chaînes d’approvisionnement, notamment sur les batteries. Depuis le début de l’année, 7 voitures sur 10 vendues en Chine sont chinoises, contre 50% il y a 5 ans. 

En observant les présentations de BYD, Zeekr, Xpeng, Nio ou Xiaomi, la Chine est désormais perçue comme le grand laboratoire d’innovations pour l’automobile électrique et connectée. Les constructeurs historiques européens ne peuvent plus se contenter d’exporter leurs voitures imaginées en Europe. Ils accusent un retard dans les domaines à forte valeur ajoutée : logiciels embarqués, IA, connectivité, expérience utilisateur fluide et fortement digitalisée. 

Jusqu’à présent, des joint-ventures étaient indispensables aux européens pour produire et vendre en Chine. Le mouvement prend désormais une tournure plus profonde avec des stratégies de production, R&D, design et développement software pour gagner en réactivité et rivaliser directement avec les acteurs locaux sur leur propre terrain.

Volkswagen développe les gammes ID et JETTA

Volkswagen s’est ainsi rapproché du géant Xpeng et a développé en à peine 2 ans l’ID UNYX 09. Une berline électrique haut de gamme de 5 m, conçue pour les classes sociales élevées de Chine, et dont l’intelligence artificielle intégrée autorise un niveau 2 de conduite autonome avec un assistant vocal plus sophistiqué et intuitif. Cette nouveauté doit relancer les ventes de VW en recul de 15% depuis le début de l’année.

Fondée en 2019, Jetta (du nom de la berline moyenne gamme à succès) est devenue une marque de milieu de gamme chinoise à part entière. La Jetta X Concept ne roulera pas en Europe mais ce SUV indique l’orientation « moderne et robuste » que prendra cette gamme électrifiée, dont les tarifs devraient rester contenus.

Autre proposition de véhicule à destination du marché chinois, le grand SUV ID ERA 9X, conçu avec SAIC Motor (Shangaï). 5,20 m de long, moteur hybride (à prolongateur d’autonomie) dont le rayon d’action dépassera 1000 km.

D’ici 4 ans, le groupe VW prévoit de lancer 30 modèles électriques, « avec des architectures électriques de pointe, des systèmes ADAS, un cockpit intelligent et des fonctions basées sur l’IA, nous répondons à toutes les principales attentes de nos clients chinois, » argumente Rolf Brandstätter, PDG de VW Auto China.

BMW allonge ses modèles électriques 

Avant que le partenariat signé avec le géant des batteries CATL ne porte ses fruits, BMW adapte ses produits au marché chinois. Outre un léger restylage de sa face avant, la limousine i7, malgré son architecture 400 V, augmente sa puissance de charge (de 195 à 250 kW) et peut récupérer 230 km en 10 minutes. Les capacités de batteries augmentent également : jusqu’à 728 km d’autonomie (soit 100 km de plus). 

Le SUV compact iX3 s’allonge et devient iX3 L pour répondre aux attentes du marché. Longue de 4,88 m, l’empattement dépasse désormais les 3 m pour davantage d’espace à bord. Sous la carrosserie, l’iX3 repose sur une architecture 800 V et offre une autonomie maximale de 900 km, en cycle chinois. A noter le début de collaboration de BMW avec l’acteur local Momenta pour développer les systèmes de conduite autonome.

Smart #2, le retour de la Fortwo

Paradoxalement, Smart, qui appartient désormais à la co-entreprise sino-allemande Mercedes-Geely, avait perdu le goût pour les mini-citadines, sa spécialité. C’est donc un retour aux fondamentaux avec cette « fortwo » rebaptisée #2 sous forme de concept. Longue de 2,72m, 100% électrique, 300 km d’autonomie et une recharge 10-80 % en 20 minutes. Son prix devrait en revanche dépasser celui d’une Twingo électrique présentée comme sa rivale. La livrée officielle sera dévoilée à Paris en octobre prochain. 

Un SUV technologique pour AUDI 

Fruit de la coopération entre Audi et le constructeur SAIC, l’EX7 est le deuxième modèle « 100% chinois » (après l’E5 Sportback) de la nouvelle marque AUDI, spécialement créée pour le marché local. Ce SUV premium électrique repose sur une architecture 900 V avec une batterie de 109 kWh, pour environ 750 km d’autonomie. Au niveau technologique, l’E7X dispose d’un capteur LiDAR sur le toit, alimenté par le système Flywheel de nouvelle génération, créé par le leader de la conduite autonome Momenta. Ainsi la voiture est capable d’évoluer en conduite autonome (NOA) en s’appuyant sur le système de navigation.

Cayenne Coupé électrique pour relancer Porsche

Grâce à un profil aérodynamique plus efficient et très inspiré de la mythique 911, le Cayenne Coupé dans sa version électrique promet une autonomie proche des 670 km WLTP. Avec 3 motorisations, allant de 408 ch (version Electric) à 1156 ch (avec overboost pour la version Turbo Electric), ce SUV sportif pourra-t-il convaincre la clientèle chinoise de plus en plus attirée par ces modèles spectaculaires ? Mais Porsche est en repli depuis quelques mois en Chine : fermeture de bornes de recharge, réduction du nombre de points de vente et baisse de compétitivité face aux marques émergentes locales.

Mercedes toujours haut de gamme 

Associé à BAIC Group (Beijing Automotive Group), Mercedes dispose en Chine de sa plus grande usine mondiale pour sortir des véhicules adaptés au marché local. A l’image de son crossover GLC LWB (longwheel base) électrique, déployé en deux versions exclusives (5 et 7 places). Avec un empattement allongé de 30 cm, il repose sur la plate-forme MBEA avec une architecture 800 V, une batterie de 89kWh et une double motorisation de 416 ch. Pour une autonomie de 700 km. Avec ce GLC et la Classe C électrique tout juste révélée, Mercedes espère endiguer la baisse des ventes (moins 30 % depuis le début de l’année), tout en conservant son positionnement haut de gamme.

Peugeot de retour en Chine 

Peugeot enfin de retour. Le lion concrétise à nouveau son partenariat noué en 1992 avec la constructeur Dongfeng, à Wuhan. Au salon de Pékin, deux concept-car préfigurent donc l’avenir des futures productions en Chine. Baptisés Concept 6 et Concept 8, leurs profils de break de chasse/coupé et SUV premium incarnent la volonté de montée en gamme du constructeur. 

Des stratégies de survie à double tranchant

Pour les constructeurs européens, les alliances telles Volkswagen et XPeng ou Stellantis et Leapmotor, permettent d’accéder à des technologies de pointe, tout en réduisant les coûts de développement. Mais cette stratégie risquée est à double tranchant. Elle pourrait rapidement faire perdre une partie du savoir-faire historique et impliquer la fin d’une indépendance technologique et industrielle précieuse. 

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