Stellantis vient de suspendre son programme AutoDrive, censé incarner l’avenir de la conduite autonome de niveau 3. Présentée début 2025 comme une avancée majeure, cette technologie devait libérer les conducteurs de certaines tâches sur autoroute. Mais, selon plusieurs sources internes, le projet a été mis en sommeil, faute de marché clair et de rentabilité immédiate.

Un marché qui ne décolle pas
Officiellement, Stellantis assure que la technologie est prête à être déployée. Cependant, le constructeur reconnaît que la demande reste trop faible. Officieusement, les coûts élevés et la complexité technique expliquent surtout ce frein brutal. Les doutes sur l’appétence des clients renforcent cette prudence stratégique.
Des ambitions revues à la baisse
Le groupe franco-italo-américain voulait rivaliser avec Tesla ou Mercedes grâce à un développement logiciel maison. Finalement, cette stratégie coûteuse est abandonnée. Stellantis préfère désormais s’appuyer sur aiMotive, start-up acquise en 2022, pour ajuster sa feuille de route. Son nouveau PDG, Antonio Filosa, doit présenter début 2026 des priorités technologiques recentrées.
Conséquences pour les automobilistes
En pratique, aucune Peugeot, Citroën ou DS ne proposera de conduite autonome de niveau 3 à court terme. Les conducteurs français resteront donc dépendants de systèmes étrangers comme Android Auto ou CarPlay pour le volet logiciel. Le rêve d’une autonomie complète “made in France” s’éloigne encore.
Une désillusion partagée
Stellantis n’est pas seul dans cette impasse. Mercedes, BMW ou Honda rencontrent les mêmes obstacles. Coût élevé, incertitudes juridiques et manque d’intérêt réel des conducteurs freinent l’adoption du niveau 3. Pendant ce temps, certains constructeurs chinois, comme BYD, avancent déjà vers le niveau 4 en conditions réelles. Stellantis se heurte donc à une réalité : l’autonomie totale reste une promesse plus qu’un marché.