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NewsPublié le 27/05/2026
6 min

Citroën ressuscite la 2CV : le retour d’une icône française version électrique prévu pour 2028

L’information a été confirmée lors de la présentation du plan « FastLane 2030 » de Stellantis. Citroën commercialisera en 2028 un revival de sa célèbre 2CV à moteur électrique, dans le cadre du lancement d’une gamme E-car de petits modèles accessibles pour l’ensemble du groupe. Cette nouvelle itération de la plus emblématique des voitures
françaises fait déjà rêver les passionnés mais suffira-t-elle à relancer la marque aux chevrons, quelque peu déclassée par rapport autres constructeurs de Stellantis ?

Crédit photos : Citroën

Le retour d’une légende populaire

Près de 80 ans après la naissance de la mythique Citroën 2CV (en 1948), Citroën officialise enfin ce que beaucoup espéraient sans réellement y croire : le retour de l’une des automobiles les plus
emblématiques de l’histoire. Mais il ne s’agira ni d’un exercice néo-rétro opportuniste, ni d’une simple réédition marketing puisque cette future 2CV sera électrique, accessible et pensée comme une réponse moderne aux nouvelles formes de mobilité. Le pari est audacieux mais correspond au caractère ingénieux de la marque : « Réinventer la 2 CV
de demain est un défi et une responsabilité immenses, rappelle Xavier Chardon, le directeur général de Citroën. La 2 CV d’origine n’a jamais été conçue pour devenir une icône. Elle l’est devenue parce qu’elle offrait plus de liberté aux gens. La nouvelle 2 CV perpétuera cet esprit, non pas par nostalgie, mais en réinventant sa simplicité et son accessibilité pour le monde d’aujourd’hui. Électrique. Essentielle. Abordable. Humaine. C’est le retour d’une idée optimiste du
progrès. »

Crédit photos : Citroën

Une philosophie plus qu’un design

Citroën n’entend donc pas reproduire la « bouille » ronde et sympathique de celle qui est née sous le nom de code TPV (Toute Petite Voiture), mais plutôt évoquer et réinterpréter « l’esprit de la
Deuche ». Industriellement, rien que le travail de carrosserie repris à l’identique empêcherait de proposer un prix bas. A l’heure où les constructeurs puisent dans leur héritage pour faire renaître
des autos à succès comme Fiat avec la 500 ou Renault avec la R5, Citroën ne pourra suivre cette tendance, en dépit du visuel évocateur diffusé en marge de l’annonce.


Le futur modèle reprendra les fondamentaux qui ont fait le succès de la 2CV : légèreté, polyvalence, simplicité d’usage, coût maîtrisé et forte personnalité. En filigrane, Citroën semble vouloir répondre à une question devenue centrale dans l’industrie automobile : comment rendre la voiture électrique désirable sans la rendre inaccessible ? Le patron de Citroën résume cette ambition : « La véritable innovation ne consiste pas à ajouter toujours plus, mais à améliorer la vie et à se concentrer sur ce qui compte vraiment. »

Crédit photos : Citroën

Un anti-SUV électrique ?

A la différence d’autres constructeurs actuellement, Citroën ne produira donc pas de SUV urbain très à la mode, mais lourd, plus puissant et plus coûteux. L’exemple de la récente Renault R4,
positionnée comme un petit SUV qui n’a plus rien à voir avec l’auto polyvalente et utile du passé, le montre. Ses ventes poussives prouvent qu’un concept marketing ne suffit pas à attirer les
foules. En revanche, la future 2CV devrait inaugurer la catégorie des « E-car », le projet de véhicules électriques compacts, légers et abordables du groupe Stellantis. Le cahier des charges
fait ainsi écho à celui de la TPV originelle des années 30 : un moyen de transport simple, robuste et économique pour le plus grand nombre. Cette future Citroën pourrait ainsi devenir l’un des symboles des voitures électriques enfin populaires et accessibles aux Européens notamment.

Crédit photos : Citroën

Citroën « relégué » chez Stellantis

En attendant de découvrir les lignes de la 2CV génération 2028, cette annonce, si souriante soit-elle, ne doit pas pour autant cacher un désaveu pour Citroën, issu plan « FastLane 2030 ». Au
sein du groupe Stellantis, la marque aux chevrons est en effet « reléguée » au rang de marque régionale comme Opel ou Alfa Romeo. Autrement dit, les produits Citroën ne bénéficieront pas des
dernières innovations, ni des plus gros investissements réservés à 4 constructeurs dits « globaux » : Peugeot, Fiat, Jeep et RAM. La popularité des Citroën ne peut masquer les ventes en berne
depuis plusieurs années : 350 000 exemplaires vendus l’année dernière en Europe, son principal marché, en comparaison avec le million de ventes annuelles au début des années 2000. Il est d’ailleurs vraisemblable que la 2CV soit produite à l’étranger, dans l’une des usines italiennes ou espagnoles de Stellantis (petite Fiat Panda ou Opel d’entrée de gamme), afin de diminuer les coûts.

Crédit photos : Citroën

Une stratégie cohérente avec la ë-C3

Néanmoins, ce retour ne sort pas de nulle part. Depuis plusieurs mois, Citroën multiplie les initiatives autour de l’électrique accessible, notamment avec la Citroën ë-C3, qui répond aux besoins quotidiens des automobilistes. C’est l’un des modèles « stars » du leasing social (VE à moins de 100 euros par mois) lancé en France l’année dernière.
Autre modèle qui a su trouver un public nouveau : l’AMI. Petite voiture électrique sans permis, à vitesse bridée, très prisée des jeunes étudiants en milieu périurbain. La future 2CV devrait donc s’intercaler entre ces 2 modèles. Pour séduire, son profil devra être moins statutaire, plus émotionnel et potentiellement plus disruptif que les citadines électriques actuelles.

Reste à savoir quel sera l’impact de ce retour de la 2CV ? Un enjeu considérable pour Citroën. Toucher à la 2CV revient à repenser un monument culturel autant qu’automobile. Produite à plus
de 5 millions d’exemplaires entre 1948 et 1990, la “deuche” reste associée à une idée très française de la liberté, de la simplicité et de l’anticonformisme. Soit l’exact contraire de l’arrivée des
petites citadines électriques, imposée par la réglementation européenne.

Copyright William Crozes @ Continental Productions

Rendez-vous au Mondial de Paris 2026

Citroën donne rendez-vous au Salon de l’Automobile de Paris, en octobre 2026, pour découvrir les premiers détails concrets du projet. Sans doute un concept-car qui sera scruté pour son design,
ses clins d’oeil et hommage à la 2CV originale. Davantage d’informations sur la plateforme l’autonomie et le prix seront communiquées. Il faudra s’attendre à des données dans la lignée de
ce que propose la nouvelle Renault Twingo électrique sur le segment A. Un prix d’entrée de gamme autour de 15 000 euros, une petite batterie pour parcourir 250 km (ou plus) et des innovations techniques et processus de fabrication venus de Chine (partenariat Leapmotors pour
Stellantis) afin de diminuer le temps de développement à moins de 2 ans. Si Citroën réussit son pari, la marque pourrait bien remettre au goût du jour une idée que l’automobile semblait avoir oubliée : rendre la mobilité à nouveau simple, accessible et attachante.

Copyright maison-vignaux @ Continental Productions
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